Au cours de la 137e semaine consécutive de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran, des prisonniers répartis dans 62 prisons à travers tout le pays ont entamé une grève de la faim le mardi 8 septembre 2026. Ce mouvement de contestation dénonce le prononcé et l’application systématique des sentences de mort par le régime clérical. La mobilisation se poursuit alors que les participants font face à une pression sécuritaire accrue, des menaces et des restrictions de communication avec le monde extérieur imposées par les autorités carcérales ces dernières semaines.
Durant la semaine écoulée, les autorités ont poursuivi les exécutions de détenus dans un contexte de répression intensifiée, mettant à mort au moins 11 personnes par pendaison. Par ailleurs, le tribunal révolutionnaire d’Ispahan a condamné à mort Taraneh Rahimi, l’une des personnes arrêtées lors des manifestations nationales de janvier 2026.
Les membres de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran ont affirmé dans leur communiqué que cette recrudescence de la violence et des exécutions reflète la peur des autorités face aux manifestations nationales et aux soulèvements à venir. Une partie de la déclaration publiée pour cette 137e semaine précise :
« L’intensification de ces actes de répression et de ces exécutions, tant individuelles que collectives, traduit la hantise du pouvoir face aux protestations nationales imminentes. L’aggravation de la crise économique, l’inflation à trois chiffres, l’envolée du taux de change du dollar à 2,3 millions de rials, le début officiel de la hausse des prix du carburant ce mardi et le rétrécissement continu des moyens de subsistance des travailleurs et des classes laborieuses dessinent, plus que jamais, la perspective d’une explosion sociale. »
Dans ces circonstances critiques, le communiqué souligne que la nécessité de poursuivre la campagne, malgré tous les dangers et les restrictions à l’intérieur des prisons, est devenue plus urgente que jamais. Les membres appellent une nouvelle fois les institutions internationales, les consciences éveillées, les défenseurs des droits humains et les partisans de l’abolition de la peine de mort à travers le monde à les rejoindre dans la solidarité.
À propos de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran
Entrant désormais dans sa troisième année, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran est devenue l’un des mouvements de protestation les plus étendus et les plus influents au sein des prisons iraniennes. Malgré la pression sécuritaire et les mesures punitives, le mouvement n’a pas pu être arrêté.
Une part significative des grévistes est constituée de prisonnières politiques purgeant leurs peines dans les quartiers des femmes de la prison d’Evin, de la prison de Qarchak à Varamin, de la prison de Sepidar à Ahvaz, de la prison d’Adelabad à Chiraz, ainsi que dans les prisons de Zahedan, de Yazd et de Racht.



















