Des informations émanant du quartier des femmes de la prison de Sepidar à Ahvaz décrivent des conditions critiques et inhumaines pour les détenues. La surpopulation sévère, l’absence de systèmes de refroidissement, une hygiène déplorable et des restrictions étendues rendent la vie quotidienne de plus en plus difficile pour les personnes incarcérées dans cet établissement.
Environ 302 femmes sont actuellement détenues dans le quartier des femmes de la prison. Sept jeunes enfants, dont deux bébés de sexe féminin, vivent également dans le quartier aux côtés de leurs mères dans ces mêmes conditions précaires.
Risque de maladies infectieuses parmi les prisonnières
Au moins 15 femmes du quartier vivent avec de graves maladies contagieuses, notamment l’hépatite et le VIH. Des cas d’automutilation signalés chez certaines détenues ont accentué les inquiétudes quant à la transmission potentielle de ces pathologies aux autres occupantes, et particulièrement aux enfants hébergés dans le quartier.
Chaleur extrême et coupures de courant répétées
Selon le témoignage d’une détenue, les températures à Ahvaz ont dépassé les 50 degrés Celsius, alors que les femmes du quartier sont privées du moindre système de refroidissement de base. Les unités de climatisation desservant les quartiers cinq et six sont hors service, et les fréquentes coupures de courant aggravent encore la situation. La prisonnière a précisé que la prison de Sepidar à Ahvaz est incluse dans les programmes de délestages électriques, ces pannes répétées imposant une tension supplémentaire aux détenues confinées dans un espace surpeuplé.
Surpopulation et manque d’hygiène
Elle a également affirmé que, bien que le quartier des femmes ait été conçu pour accueillir environ 200 personnes, il compte actuellement plus de 300 femmes. Selon son récit, l’absence de réfrigération, l’eau contaminée, l’insalubrité des sanitaires et les débordements répétés d’eaux usées figurent parmi les problèmes les plus graves du quartier. Elle a ajouté que les prisonnières sont tenues de nettoyer elles-mêmes les toilettes, tandis que les inondations d’égouts dans les zones de vie ont détruit leurs effets personnels, leurs vêtements et leurs réserves de nourriture.
Peur suite aux attaques à proximité et durcissement des restrictions
La détenue a également décrit l’impact psychologique de l’état de guerre, expliquant qu’après des attaques survenues près de la prison de Sepidar à Ahvaz, des cris et un vent de panique ont balayé le quartier des femmes, plongeant de nombreuses prisonnières dans une anxiété profonde.
Elle a par ailleurs rapporté que les femmes du quartier ont un accès limité aux aires d’exercice extérieures et que les déplacements à l’intérieur de la prison ont été fortement restreints. Selon son témoignage, les prisonnières sont obligées de porter en permanence des vêtements larges couvrant tout le corps, y compris à l’intérieur du quartier. Les détenues sont également contraintes d’assister à la cérémonie matinale du lever du drapeau et de saluer l’emblème iranien ; le petit-déjeuner n’est servi qu’à celles qui y participent.



















