{"id":8550,"date":"2019-09-09T23:01:05","date_gmt":"2019-09-09T21:01:05","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=8550"},"modified":"2021-09-02T20:12:35","modified_gmt":"2021-09-02T18:12:35","slug":"monireh-radjavi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2019\/09\/09\/monireh-radjavi\/","title":{"rendered":"Monireh Radjavi"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00ab&nbsp;Ils veulent d\u00e9truire notre humanit\u00e9. C&#8217;est ce que nous devons combattre.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ex\u00e9cut\u00e9e en 1988 lors du massacre de 30 000 prisonniers politiques.<\/p>\n<p>\u00c2ge: 38 ans<\/p>\n<p>Ville : Machad<\/p>\n<p>Etudes : \u00c9tudiante \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Newcastle au Royaume Uni<\/p>\n<p>Lors de son arrestation, son seul \u00ab crime \u00bb \u00e9tait d&#8217;\u00eatre la s\u0153ur de Massoud Radjavi, dirigeant de la R\u00e9sistance iranienne. Ses filles, Maryam et Marjan, ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es avec elle.<\/p>\n<p>Monireh Radjavi a pass\u00e9 les sept derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie dans une prison du r\u00e9gime des mollahs. Les interrogateurs et les tortionnaires l&#8217;ont soumise \u00e0 toutes les pressions imaginables &#8211; physiques et psychologiques &#8211; pour la forcer \u00e0 d\u00e9noncer son fr\u00e8re et l&#8217;OMPI.<\/p>\n<p>D\u2019autres d\u00e9tenues, \u00e9galement soumises \u00e0 la torture et aux mauvais traitement par les gardiens de prison, ont \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9es par le traitement brutal inflig\u00e9 \u00e0 Monireh par les agents du r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Pendant des mois, Monireh et d&#8217;autres prisonni\u00e8res politiques ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9es devant ses deux filles. En 1985, son mari Asghar a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9. Mais cela n&#8217;a pas bris\u00e9 sa d\u00e9termination. En l\u2019absence de la moindre accusation, elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 deux ans de prison apr\u00e8s un proc\u00e8s minute. Mais elle n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e et au bout de cinq ans de d\u00e9tention, elle a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e en 1988.<\/p>\n<p>Monireh avait \u00e9tudi\u00e9 la litt\u00e9rature persane \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 de Machad au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Elle s\u2019\u00e9tait ensuite rendue au Royaume-Uni pour poursuivre ses \u00e9tudes \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 de Newcastle. Mais en 1971, lorsque la redoutable police secr\u00e8te du chah, la SAVAK, a arr\u00eat\u00e9 son plus jeune fr\u00e8re Massoud, un vent de changement s\u2019est abattu sur sa vie.<\/p>\n<p>Monireh a consacr\u00e9 tout son temps et toute son \u00e9nergie \u00e0 faire campagne pour d\u00e9noncer les crimes perp\u00e9tr\u00e9s par le r\u00e9gime du chah afin de sauver la vie de prisonniers politiques, en particulier celle de son fr\u00e8re Massoud, dont l&#8217;ex\u00e9cution \u00e9tait imminente. Elle a rejoint Amnesty International \u00e0 Newcastle et, avec d&#8217;autres \u00e9tudiants iraniens, a form\u00e9 le \u00ab Comit\u00e9 contre la r\u00e9pression en Iran \u00bb. Elle a publi\u00e9 plusieurs brochures sur la situation des prisonniers politiques en Iran.<\/p>\n<p>Les responsables de la prison avaient tr\u00e8s vite pris l\u2019habitude de s&#8217;en prendre \u00e0 Monireh et \u00e0 la torturer \u00e0 chaque fois que l\u2019OMPI attaquait le r\u00e9gime. L\u2019une de ses anciennes compagnes de d\u00e9tention a \u00e9crit : \u00ab Un jour que j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019interrogatoire, j\u2019ai vu deux jeunes enfants aux cheveux clairs devant la salle de torture du 7e d\u00e9partement du bureau du procureur de la prison d\u2019Evine. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 surprise de voir des enfants dans cet endroit. Pourquoi avaient-elles \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de la brutalit\u00e9 des tortionnaires? Leur m\u00e8re ne pouvait pas les calmer. Le gardien de prison les battait sans cesse. J&#8217;ai doucement demand\u00e9 \u00e0 la femme son nom. &#8220;Je m&#8217;appelle Monireh Radjavi et je suis simplement accus\u00e9e d&#8217;\u00eatre la s\u0153ur de Massoud&#8221;, a-t-elle r\u00e9pondu. Elle a souvent \u00e9t\u00e9 insult\u00e9e et battue brutalement, mais ils n&#8217;ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 la briser.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Une autre compagne de cellule se souvient: \u00ab L\u2019affection de Monireh aux autres prisonni\u00e8res \u00e9tait de notori\u00e9t\u00e9 publique. M\u00eame les interrogateurs le savaient. Une fois, un interrogateur nous a approch\u00e9es et a demand\u00e9 nos noms. Lorsqu&#8217;il s&#8217;est approch\u00e9 de Monireh, il lui a donn\u00e9 un coup de pied et lui a dit: &#8220;Je ne te laisserai jamais sortir vivante et devenir une h\u00e9ro\u00efne pour ton fr\u00e8re.&#8221;<\/p>\n<p>Une fois, ils ont emmen\u00e9 Monireh \u00e0 un interrogatoire parce qu&#8217;elle enseignait l&#8217;anglais \u00e0 d\u2019autres d\u00e9tenues. Ils l&#8217;ont battue brutalement. \u00c0 son retour, elle \u00e9tait gravement meurtrie et couverte d&#8217;h\u00e9matomes sur tout le corps. Ses pieds \u00e9taient enfl\u00e9s et ensanglant\u00e9s. Mais m\u00eame dans cet \u00e9tat, elle \u00e9tait de bonne humeur. Elle s\u2019est assise calmement et a dit : \u00ab Tout ce qu\u2019ils disaient, c\u2019\u00e9tait pourquoi j\u2019enseigne l\u2019anglais \u00e0 d\u2019autres prisonni\u00e8res. Ils disaient que j\u2019enseignais aux autres pour qu\u2019apr\u00e8s leur lib\u00e9ration, elles partent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour rejoindre mon fr\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Chaque fois qu\u2019on revenait des interrogatoires, Monireh \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e0 venir nous aider. Je l\u2019ai entendue dire \u00e0 plusieurs reprises: &#8220;Ils veulent d\u00e9truire notre humanit\u00e9. Mais c&#8217;est ce que nous devons combattre. La meilleure fa\u00e7on de le faire, c\u2019est de s\u2019int\u00e9resser davantage les unes aux autres.&#8221; Et \u00e0 cet \u00e9gard, elle a \u00e9t\u00e9 un brillant exemple.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Une autre prisonni\u00e8re avait \u00e9crit : \u00ab Ils ont emmen\u00e9 Monireh pour un interrogatoire le 9 mars 1984. Nous \u00e9tions tr\u00e8s inqui\u00e8tes car c\u2019\u00e9tait la deuxi\u00e8me fois qu\u2019ils l\u2019emmenaient, puis au tribunal o\u00f9 ils ont rendu leur verdict. Elle est revenue \u00e0 la cellule cette nuit-l\u00e0. Elle a dit qu&#8217;ils l&#8217;avaient emmen\u00e9e rendre visite \u00e0 Asghar (son mari). Elle choisissait soigneusement ses mots pour ne pas nous inqui\u00e9ter avec la nouvelle qu&#8217;Asghar \u00e9tait sur le point d&#8217;\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Elle a dit que (le tortionnaire) Hadji Mojtaba qui \u00e9tait pr\u00e9sent lorsqu&#8217;elle a rencontr\u00e9 Asghar, leur disait constamment de se d\u00e9p\u00eacher et de terminer la visite. Il a d\u00e9clar\u00e9: \u00ab Nous devons ex\u00e9cuter Asghar \u00e0 21 heures. Je ne peux pas retarder le verdict rendu par le juge religieux. Je dois ex\u00e9cuter le verdict dans 15 minutes. \u00bb<\/p>\n<p>Monireh a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e en 1988, lors du massacre de 30 000 prisonniers politiques en quelques semaines. Le mollah Nayeri, le juge religieux de la prison d\u2019Evine, a personnellement suivi son ex\u00e9cution, en insistant pour que cela se fasse le plus rapidement possible. Monireh avait 38 ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Ils veulent d\u00e9truire notre humanit\u00e9. 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