{"id":3456,"date":"2018-11-07T11:14:58","date_gmt":"2018-11-07T11:14:58","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2018\/11\/07\/les-femmes-koulbar-en-iran\/"},"modified":"2019-03-31T18:47:17","modified_gmt":"2019-03-31T18:47:17","slug":"les-femmes-koulbar-en-iran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2018\/11\/07\/les-femmes-koulbar-en-iran\/","title":{"rendered":"Les femmes koulbars et les difficult\u00e9s auxquelles elles sont confront\u00e9es en Iran"},"content":{"rendered":"<p>Koulbar est un terme utilis\u00e9 par les habitants de la r\u00e9gion kurde d&#8217;Iran pour d\u00e9signer les colporteurs et les personnes qui transportent des marchandises \u00e0 travers la fronti\u00e8re pour gagner leur vie. Les koulbars sont surtout \u00e0 l&#8217;\u0153uvre dans les provinces iraniennes <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Azerba%C3%AFdjan_occidental\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">de l&#8217;Azerba\u00efdjan occidental<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Province_iranienne_du_Kurdistan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">du Kurdistan<\/a>, du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Kermanshah\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Kermanshah<\/a>, du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sistan-et-Baloutchistan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sistan-et-Baloutchestan<\/a>. En raison du ch\u00f4mage end\u00e9mique dans le pays, ils n&#8217;ont trouv\u00e9 d&#8217;autre choix que de transporter \u00e0 pieds de marchandises via la fronti\u00e8re en \u00e9change de salaires d\u00e9risoires.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Travailler en tant que koulbar n&#8217;est pas un choix, mais une obligation qui est un sous-produit de la discrimination et de l&#8217;oppression sous le r\u00e9gime des mollahs ; c&#8217;est une cons\u00e9quence de 40 ans d\u2019une politique destructrice.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2017\/12\/02\/l-autonomie-economique-des-femmes-en-iran-avancer-dans-la-direction-opposee\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le manque d&#8217;opportunit\u00e9s d&#8217;emploi<\/a>, le manque d&#8217;usines et d&#8217;installations industrielles, le manque d&#8217;investissements dans les villes frontali\u00e8res et en particulier au Kurdistan, et l&#8217;exclusion de ces r\u00e9gions des projets de construction, sont parmi les facteurs qui contribuent au nombre croissant des personnes qui doivent recourir \u00e0 ce travail litt\u00e9ralement \u00e9puisant dans ces r\u00e9gions.<\/p>\n<p>L&#8217;incapacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 cr\u00e9er des emplois d\u00e9cents pour les habitants des zones frontali\u00e8res les a pouss\u00e9s vers des emplois de colporteurs, car c&#8217;est la seule fa\u00e7on pour eux de nourrir leurs familles pauvres.<\/p>\n<p>Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes sont impliqu\u00e9s dans ce travail dans les provinces frontali\u00e8res de l&#8217;Iran.<\/p>\n<p>Dans le village de Sheikh Saleh, pr\u00e8s du comt\u00e9 de Salas-e Babajani, dans la province de Kermanshah, on peut rencontrer des femmes et des filles qui supportent le fardeau des cargaisons beaucoup plus lourdes que leur propre poids, afin qu&#8217;elles puissent nourrir leur famille. Avec le peu d&#8217;argent qu&#8217;elles gagnent, les femmes porti\u00e8res essaient d&#8217;aider leur p\u00e8re, leur mari et elles-m\u00eames quand elles sont seules.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-6244 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/images_articles2_Koolbar_women_in_Iran_2.jpg\" width=\"237\" height=\"394\" \/><noscript><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-6244 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/images_articles2_Koolbar_women_in_Iran_2.jpg\" width=\"237\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/images_articles2_Koolbar_women_in_Iran_2.jpg 283w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/images_articles2_Koolbar_women_in_Iran_2-181x300.jpg 181w\" sizes=\"(max-width: 237px) 100vw, 237px\" \/><\/noscript>Tahmineh, 37 ans, est porteuse depuis plusieurs ann\u00e9es. Elle dit : <em>&#8220;C&#8217;est douloureux pour une femme c\u00e9libataire koulbar d&#8217;endurer les \u00e9preuves. Les femmes kurdes n&#8217;ont jamais honte de travailler dur, mais la difficult\u00e9 de travailler comme koulbar se voit rapidement sur nos visages et nous fait para\u00eetre vieux. Cela fait un an ou deux qu&#8217;ils ne permettent ni aux femmes ni aux hommes d\u2019effectuer ce travail. Mais il y a deux ans, les femmes travaillaient aussi. Je travaillais \u00e9galement. J&#8217;allais \u00e0 Salas et je travaillais avec un groupe de colporteurs. Je suis all\u00e9e \u00e0 la montagne plusieurs fois et j&#8217;ai rapport\u00e9 des marchandises. Mais aujourd&#8217;hui, je ne peux plus marcher.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>A propos de la raison pour laquelle elle a eu recours \u00e0 ce travail p\u00e9nible, Tahmineh dit : <em>&#8220;J&#8217;\u00e9tais la seule \u00e0 m&#8217;occuper de mes parents. Je n&#8217;avais donc pas d&#8217;autre choix que de trouver un emploi pour gagner ma vie. Les marchandises que je transportais \u00e9taient terriblement lourdes, exigeant beaucoup de force. J&#8217;avais l&#8217;impression que mon dos se brisait sous le poids. Nous avons d\u00fb marcher pendant quatre ou cinq heures, j&#8217;ai support\u00e9 tout cela parce que je devais gagner de l&#8217;argent et j&#8217;en avais besoin. C&#8217;est tout ce \u00e0 quoi je pouvais penser.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Narmineh et Saghar sont tr\u00e8s jeunes. La pauvret\u00e9 les a forc\u00e9s \u00e0 travailler comme koulbars. Elles disent : <em>&#8220;Quand il le faudra, tu feras tout ce que tu pourras. Quand il n&#8217;y a pas d&#8217;emplois, nous sommes oblig\u00e9es de transporter des marchandises. Il y a des femmes \u00e0 Paveh qui vont \u00e0 la montagne pour seulement 700.000 rials <\/em>[14\u20ac]<em>. Elles attachent de lourdes charges de 20 kg \u00e0 leur dos. Elles veulent gagner de l&#8217;argent et nourrir leurs enfants. Vous appelleriez \u00e7a de la contrebande, mais nous voulons apporter du pain \u00e0 nos tables.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Donya est une autre jeune femme qui est cheffe de famille et qui a fait l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;un porteur. Elle a \u00e9galement cit\u00e9 la pauvret\u00e9 comme raison de ce choix.<\/p>\n<p>Toutes ces femmes veulent une chose : gagner de l&#8217;argent pour gagner leur vie !<\/p>\n<p>L&#8217;adjoint financier et administratif du Comit\u00e9 de Secours de Salas-e Babajani a d\u00e9clar\u00e9 : <em>&#8221; Les femmes sont confront\u00e9es \u00e0 de nombreux probl\u00e8mes financiers qui les font travailler comme porteurs. En peu de temps, elles souffrent de probl\u00e8mes physiques. La plupart des femmes de la ville soutiennent leur mari&#8230; D&#8217;habitude, les femmes cheffes de famille font \u00e9quipe avec d&#8217;autres et vont \u00e0 la montagne.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Le 31 juillet 2017, le r\u00e9gime iranien a ordonn\u00e9 de bloquer les voies de passage non autoris\u00e9es des porteurs dans quatre provinces frontali\u00e8res, dont l&#8217;Azerba\u00efdjan occidental, le Kurdistan, le Kermanshah, le Sistan-et-Baloutchistan. En fait, le r\u00e9gime a bloqu\u00e9 la seule source de revenus restante, quoique fastidieuse et inhumaine, pour les habitants des zones frontali\u00e8res.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Koulbar est un terme utilis\u00e9 par les habitants de la r\u00e9gion kurde d&#8217;Iran pour d\u00e9signer les colporteurs et les personnes qui transportent des marchandises \u00e0 travers la fronti\u00e8re pour gagner leur vie. 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