{"id":3336,"date":"2018-08-06T22:19:00","date_gmt":"2018-08-06T22:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2018\/08\/06\/les-femmes-et-la-revolution-constitutionnelle-de-1906\/"},"modified":"2018-08-06T22:19:00","modified_gmt":"2018-08-06T22:19:00","slug":"les-femmes-et-la-revolution-constitutionnelle-de-1906","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2018\/08\/06\/les-femmes-et-la-revolution-constitutionnelle-de-1906\/","title":{"rendered":"Les femmes et la R\u00e9volution constitutionnelle de 1906"},"content":{"rendered":"<p>Le 5 ao\u00fbt marque l&#8217;anniversaire de la R\u00e9volution constitutionnelle de 1906 en Iran\u00a0; une r\u00e9volution qui visait \u00e0 \u00e9tablir la d\u00e9mocratie, la primaut\u00e9 du droit, un parlement compos\u00e9 des \u00e9lus du peuple, et \u00e0 pousser l&#8217;Iran vers le progr\u00e8s.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Avant la R\u00e9volution constitutionnelle, les femmes n&#8217;avaient aucun droit en Iran. Elles \u00e9taient compl\u00e8tement exclues des activit\u00e9s sociales. Leur r\u00f4le se limitait aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il ait voyag\u00e9 trois fois en Europe et qu\u2019il se soit familiaris\u00e9 avec les libert\u00e9s des femmes et leurs engagements sociaux, le roi <em>Qajar<\/em>, Nasseredin Chah, ne permettait pas \u00e0 ses nombreuses \u00e9pouses de participer \u00e0 la vie sociale. Les femmes de son harem n\u2019\u00e9taient autoris\u00e9es de sortir du palais qu\u2019une seule fois par an, o\u00f9 le bazar de T\u00e9h\u00e9ran \u00e9tait \u00e9vacu\u00e9 pour que celles-ci puissent faire leurs achats annuels. Bien entendu, il fallait tout d\u2019abord remplacer le personnel habituel du bazar par des femmes. Aucun homme n&#8217;\u00e9tait autoris\u00e9 \u00e0 entrer.<\/p>\n<p>Nasseredin Chah a \u00e9galement ordonn\u00e9 la construction d&#8217;un sanctuaire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du palais pour que ses femmes puissent s\u2019adonner aux pratiques religieuses sans avoir besoin de sortir dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution constitutionnelle a chang\u00e9 les m\u0153urs et les femmes se sont progressivement engag\u00e9es dans des activit\u00e9s sociales. La R\u00e9volution a eu un impact \u00e9tonnant sur la soci\u00e9t\u00e9. Les obstacles au progr\u00e8s des femmes ont \u00e9t\u00e9 progressivement supprim\u00e9s ou r\u00e9duites. <em>&#8221; Les femmes en Iran ont \u00e9t\u00e9 les femmes les plus progressistes (sinon les plus radicales) du monde depuis 1907 &#8220;<\/em>, \u00e9crit Morgan Shuster dans son livre <em>The Strangling of Persia (New York : The Century Company, 1912)<\/em>. Shuster explique que &#8220;du jour au lendemain, malgr\u00e9 leurs lacunes en exp\u00e9rience, les femmes voil\u00e9es sont devenues enseignantes, journalistes, fondatrices de clubs de femmes et porte-parole politiques&#8221;. Autant dire qu\u2019en espace d\u2019une R\u00e9volution en 1906, elles ont acquis des droits et un statut social, que leurs homologues occidentales ont mis des d\u00e9cennies voir des centaines d\u2019ann\u00e9es \u00e0 obtenir, pr\u00e9cise encore l\u2019avocat am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Les pionni\u00e8res de la lutte pour les droits des femmes<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la R\u00e9volution constitutionnelle, les pionni\u00e8res du mouvement pour les droits des femmes, dont beaucoup appartenaient aux classes ais\u00e9es, se sont progressivement organis\u00e9es en associations et ont cr\u00e9\u00e9 de nouvelles \u00e9coles pour filles, des \u00e9tablissements d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures, des cliniques et d&#8217;autres types d&#8217;institutions pour les femmes.<\/p>\n<p>Elles jouissaient il est vrai d\u2019un soutien inconditionn\u00e9 de beaucoup d\u2019hommes intellectuels de leur \u00e9poque, des journalistes, les po\u00e8tes et des parlementaires (comme Vakil-ou Ro&#8217;aya et Taghizadeh). Les articles satiriques de Dehkhoda dans le journal <em>Sour-e Esrafil<\/em>, la po\u00e9sie d&#8217;Iraj Mirza, les \u00e9crits d&#8217;autres \u00e9crivains dans les journaux <em>Habl ol-Matin<\/em>, <em>Iran-e No<\/em> et <em>Mosavat<\/em> sont toujours l\u00e0 pour t\u00e9moigner de la solidarit\u00e9 dont a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 le mouvement pour la condition f\u00e9minine, parmi les \u00e9crivains et intellectuels de l\u2019Iran.<\/p>\n<p>Les intellectuels de l&#8217;\u00e9poque insistaient sur la cr\u00e9ation d&#8217;\u00e9coles pour filles. Ils argumentaient que des m\u00e8res analphab\u00e8tes et loin de de leur temps ne peuvent \u00eatre de bons mod\u00e8les pour leurs filles.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Fondation des \u00e9coles pour filles<\/strong><\/p>\n<p>En avril 1910, cinquante \u00e9coles pour filles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<p>En 1913, un magazine f\u00e9minin, <em>Chokoufeh<\/em>, a publi\u00e9 une liste de 63 \u00e9coles de filles \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran avec environ 2 500 \u00e9l\u00e8ves. Selon <em>Chokoufeh<\/em>, les filles repr\u00e9sentaient un septi\u00e8me des \u00e9l\u00e8ves de T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<p>Parmi les principales femmes qui ont fond\u00e9 les \u00e9coles pour filles \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, nommons Bibi Khanum Astarabadi. L\u2019une des premi\u00e8res institutrices de l\u2019Iran, Astarabadi \u00e9tait a fond\u00e9 l&#8217;\u00e9cole primaire <em>Douchizegan<\/em>. L&#8217;\u00e9cole avait cinq enseignantes et les \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient \u00e2g\u00e9s de sept \u00e0 douze ans. Elle a \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 une cr\u00e8che pour les filles d\u00e9favoris\u00e9es et orphelines.<\/p>\n<p>Astarabadi est l\u2019auteur d\u2019un livre intitul\u00e9 <em>&#8220;Maayeb al-Rejeal&#8221; <\/em>(litt\u00e9ralement, <em>Les d\u00e9fauts des hommes<\/em>).<\/p>\n<p>Une autre pionni\u00e8re de la lutte pour la condition f\u00e9minine en Iran, \u00e9tait la c\u00e9l\u00e8bre Safiah Yazdi, qui a fond\u00e9 l&#8217;\u00e9cole <em>Effatieh<\/em> \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran en 1910. Yazdi s\u2019est fait conna\u00eetre par ses discours audacieux en faveur des droits des femmes.<\/p>\n<p>Les cr\u00e9ations des \u00e9coles de filles se sont but\u00e9es \u00e0 l&#8217;opposition du clerg\u00e9 fanatique qui exhortait ses partisans d\u2019humilier et de harceler les filles et les femmes \u00e0 la sortie de ces \u00e9tablissements scolaires. Ces partisans issus pour la plupart des milieux ruraux allaient m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 battre les femmes dans la rue.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>La constitution des associations de femmes<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;Association pour la lib\u00e9ration des femmes a \u00e9t\u00e9 l&#8217;un des premiers groupes de femmes form\u00e9s le 30 d\u00e9cembre 1906, apr\u00e8s l&#8217;adoption de la constitution. Des personnalit\u00e9s, hommes et femmes, c\u00e9l\u00e8bres participaient aux meetings de cette Association qui se tenaient deux fois par semaine.<\/p>\n<p>Deux des filles de Nasseredin Chah, Taj ol-Saltaneh et Eftekhar ol-Saltaneh, faisaient partie des militantes de cette association qui d\u00e9fendait avec passion les droits des femmes.<\/p>\n<p>D&#8217;autres femmes c\u00e9l\u00e8bres, dont la journaliste Sediqeh Dowlatabadi et l\u2019\u00e9crivaine Chams ol-Muluk Javaher-Kalam, \u00e9taient \u00e9galement membres de cette association.<\/p>\n<p>Une autre participante aux r\u00e9unions de l&#8217;Association \u00e9tait l\u2019Am\u00e9ricaine Park Jordan, l\u2019\u00e9pouse du missionnaire Samuel Jordan qui avait cofond\u00e9 le fameux Coll\u00e8ge <em>Alborz<\/em> pour gar\u00e7ons \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran en 1894. Le couple avait dirig\u00e9 le coll\u00e8ge jusqu&#8217;en 1940, date de leur retraite.<\/p>\n<p>Les r\u00e9unions de l&#8217;association se tenaient en secret. Une tentative des partisans du clerg\u00e9 pour saccager le lieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9 du rassemblement n\u2019a \u00e9chou\u00e9 qu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re minute par un Arm\u00e9nien qui a inform\u00e9 les participantes avant qu\u2019elles n\u2019arrivent sur les lieux.<\/p>\n<p>Une autre association de femmes \u00e9tait l&#8217;Association patriotique <em>Mokhadarat<\/em>, fond\u00e9e par 60 femmes en 1910 \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran. Cette association a construit une \u00e9cole et un orphelinat \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran pour 100 filles. L&#8217;un des membres de l&#8217;Association patriotique <em>Mokhadarat<\/em> \u00e9tait Agha-Baigom, l\u2019\u00e9pouse de l&#8217;\u00e9minent orateur de la R\u00e9volution constitutionnelle, Malek ol-Motekalemin, et fille du clerg\u00e9 libre penseur, Hadi Najmabadi Najmabadi qui a \u00e9galement fond\u00e9 une \u00e9cole de filles dans le sud de T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<p>Parmi les autres personnes impliqu\u00e9es dans l&#8217;Association patriotique <em>Mokhadarat<\/em>, on peut citer Anahid Davidiyan, une puissante oratrice qui \u00e9tait l\u2019\u00e9pouse de Yeprem Khan, le chef arm\u00e9nien de la police de T\u00e9h\u00e9ran apr\u00e8s la conqu\u00eate de la capitale par les r\u00e9volutionnaires constitutionnalistes et le renversement du dernier roi <em>Qajar<\/em>, Mohammad Ali Chah.<\/p>\n<p>Sediqeh Dowlatabadi, s\u0153ur du po\u00e8te et \u00e9crivain Yahya Dowlatabadi, \u00e9tait membre de l&#8217;Association de lib\u00e9ration des femmes et secr\u00e9taire de l&#8217;Association patriotique <em>Mokhadarat<\/em>.\u00a0 En 1918, elle installe un lyc\u00e9e de filles \u00e0 Ispahan et, les ann\u00e9es suivantes, elle cr\u00e9e l&#8217;Union des femmes d&#8217;Ispahan et publie un hebdomadaire f\u00e9minin intitul\u00e9 <em>&#8221; Langage des femmes &#8220;.<\/em><\/p>\n<p>Sediqeh Dowlatabadi s&#8217;est rendue en France en 1922 et a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 la Sorbonne. Elle a \u00e9crit des articles dans les journaux europ\u00e9ens et a donn\u00e9 des conf\u00e9rences sur les femmes et la politique. Elle a pris la parole \u00e0 la Conf\u00e9rence internationale des femmes en 1926 en tant que repr\u00e9sentante de l&#8217;Iran.<\/p>\n<p>Mohtaram Eskandari (1895- 1924), \u00e9tait de la famille <em>Qajar<\/em>. Son p\u00e8re \u00e9tait l&#8217;un des fondateurs de l&#8217;Association <em>Adamiyat <\/em>qui regroupait de nombreux intellectuels. Elle a \u00e9t\u00e9 une pionni\u00e8re du mouvement des femmes, malgr\u00e9 sa courte vie. Elle a fond\u00e9 la <em>&#8220;l\u2019Association des femmes patriotes&#8221;<\/em> qui publiait le magazine intitul\u00e9 <em>&#8221; Femmes patriotes &#8220;<\/em>.<\/p>\n<p>Dorrat ol-Ma&#8217;ali, dont le p\u00e8re \u00e9tait le m\u00e9decin personnel de Nasseredin Chah, \u00e9tait une enseignante membre de l&#8217;Association patriotique Mokhadarat. Elle a cr\u00e9\u00e9 l&#8217;\u00e9cole <em>Mokhadarat<\/em> de T\u00e9h\u00e9ran avec ses fonds personnels.<\/p>\n<p>Dorrat ol-Ma&#8217;ali et Sediqeh Dowlatabadi ont \u00e9t\u00e9 parmi des opposantes de premi\u00e8re heure du trait\u00e9 colonial sign\u00e9 entre la Russie et la Grande-Bretagne pour diviser l&#8217;Iran en zones d&#8217;influence russe et britannique dans le nord et le sud. Dorrat ol-Ma&#8217;ali, qui \u00e9tait en contact avec les membres du <em>Majlis<\/em> (parlement), leur a demand\u00e9 de prendre position contre cet accord.<\/p>\n<p>La maison de Dorrat ol-Ma&#8217;ali \u00e9tait un centre de rencontres et de conf\u00e9rences pour les femmes o\u00f9 se tenaient des s\u00e9ances de po\u00e9sie, auxquelles participaient activement des po\u00e8tes connus comme Iraj Mirza et Malek ol-Choara Bahar.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le des femmes dans la R\u00e9volution constitutionnelle<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le bombardement du parlement en juillet 1924 et le d\u00e9but du soul\u00e8vement \u00e0 Tabriz contre la tyrannie de Mohammad Ali Chah, les femmes v\u00eatues de v\u00eatements masculins ont particip\u00e9 activement aux 11 mois de r\u00e9sistance et de soul\u00e8vements men\u00e9s par Satar Khan (le dirigeant de la R\u00e9volution constitutionnaliste) et ses camarades. Les femmes ont pris part aux combats dans les quartiers et les rues d&#8217;<em>Amirkhiz<\/em> \u00e0 Tabriz (nord-ouest de l\u2019Iran), et certaines sont mortes dans les combats.<\/p>\n<p>Behzad Taherzadeh, l\u2019un des r\u00e9sistants de Tabriz, raconte que l&#8217;un des soldats bless\u00e9s refusait qu\u2019on lui enl\u00e8ve ses v\u00eatements pour le soigner. Quand Satar Khan est intervenu pour convaincre le soldat, il s\u2019est rendu compte que c\u2019\u00e9tait une femme.<\/p>\n<p><em>Habl ol-Matin<\/em>, l&#8217;un des journaux bien connus de l&#8217;\u00e9poque, \u00e9crit : <em>&#8220;Dans l&#8217;une des batailles de Tabriz, vingt femmes qui portaient des v\u00eatements d&#8217;hommes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es parmi les morts &#8220;.<\/em><\/p>\n<p>Bibi Maryam Bakhtiari (1847- 1937) fille de Hossein Gholi Khan, le chef du fameux tribu Bakhtiari, et s\u0153ur de Sardar (commandant) Assad Bakhtiari a jou\u00e9 elle-m\u00eame un r\u00f4le important dans le prise de T\u00e9h\u00e9ran par les forces constitutionnalistes. Bien instruite, Bibi Maryam \u00e9tait une pionni\u00e8re de la lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes et de la lutte pour la libert\u00e9. Elle a \u00e9galement milit\u00e9 contre le colonialisme russe et britannique en Iran pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Bibi Maryam a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e aux techniques de la guerre dans sa jeunesse et est devenue une commandante militaire. Bibi Maryam s&#8217;opposait au despotisme de Mohammad Ali Chah, et dans diverses lettres, t\u00e9l\u00e9grammes et conf\u00e9rences, elle \u00e9duquait et conseillait les chefs des tribus Bakhtiari pour combattre les tyrans <em>Qajar<\/em>.<\/p>\n<p>Le 29 novembre 1911, le gouvernement russe a obtenu l&#8217;accord des Britanniques et a donn\u00e9 un avertissement au parlement iranien pour qu&#8217;il expulse Morgan Shuster de l&#8217;Iran dans les 48 heures.<\/p>\n<p>William Morgan Shuster \u00e9tait un avocat, fonctionnaire et \u00e9diteur am\u00e9ricain, qui \u00e9tait nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Tr\u00e9sor par le Parlement iranien (<em>Majlis<\/em>). Morgan Shuster \u00e9tait l\u00e0 pour aider \u00e0 g\u00e9rer le syst\u00e8me financier iranien, mais il s&#8217;est \u00e9galement oppos\u00e9 \u00e0 la domination coloniale de la Grande-Bretagne et de la Russie en Iran et a soutenu activement la R\u00e9volution constitutionnelle.<\/p>\n<p>Pour protester contre l&#8217;ultimatum \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, 50.000 personnes sont descendues dans la rue et ont annonc\u00e9 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Des milliers de femmes portaient des linceuls blancs, montrant qu&#8217;elles \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 sacrifier leur vie pour leur pays. Le 10 d\u00e9cembre 1911, l&#8217;Association patriotique <em>Mokhadarat<\/em> a appel\u00e9 \u00e0 une grande manifestation devant le <em>Majlis<\/em>. Des milliers de femmes ont particip\u00e9 au rassemblement.<\/p>\n<p>Dans son livre <em>The Strangling of Persia<\/em>, Morgan Shuster \u00e9crit : <em>&#8221; Libres des contraintes traditionnelles et des sanctuaires entour\u00e9s, trois cents femmes rebelles se d\u00e9versent dans les rues. Elles portaient un hijab noir et des foulards blancs. Elles \u00e9taient munies des pistolets qu\u2019elles portaient sous leurs v\u00eatements. Elles se sont rendues directement au Parlement et s&#8217;y sont rassembl\u00e9es pour demand\u00e9 au Pr\u00e9sident du Majlis de les accepter toutes. Certaines des femmes ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 entrer au Parlement. Ces m\u00e8res, \u00e9pouses et filles ont montr\u00e9 leurs pistolets pour montrer qu&#8217;elles \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9es dans leur foi. Elles ont retir\u00e9 leur hijab et menac\u00e9 de tuer ces maris et ces fils avec les m\u00eames pistolets si les d\u00e9put\u00e9s ne parvenaient pas \u00e0 se conformer \u00e0 leur devoir de prot\u00e9ger la libert\u00e9 et la fiert\u00e9 de la nation et du pays &#8220;.<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;occasion de l&#8217;anniversaire de la R\u00e9volution constitutionnelle, nous rendons hommage \u00e0 la m\u00e9moire les femmes courageuses de l&#8217;Iran qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans cet \u00e9v\u00e8nement, ainsi que les femmes courageuses qui ont \u00e9t\u00e9 les avant-gardes et les pionni\u00e8res du mouvement pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 et qui ont pris le risque de hisser la banni\u00e8re de la lib\u00e9ration des femmes \u00e0 l&#8217;\u00e9poque la plus sombre de la domination patriarcale. Leurs luttes sont devenues une source d\u2019inspiration pour les femmes iraniennes des temps modernes qui ont lutt\u00e9 contre les r\u00e9gimes du Chah et des ayatollahs. C\u2019est avec de tels symboles que les femmes de l&#8217;OMPI dirigent maintenant le mouvement de la R\u00e9sistance iranienne pour renverser le r\u00e9gime misogyne des mollahs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 5 ao\u00fbt marque l&#8217;anniversaire de la R\u00e9volution constitutionnelle de 1906 en Iran\u00a0; une r\u00e9volution qui visait \u00e0 \u00e9tablir la d\u00e9mocratie, la primaut\u00e9 du droit, un parlement compos\u00e9 des \u00e9lus du peuple, et \u00e0 pousser l&#8217;Iran vers le progr\u00e8s.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6099,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":[],"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3336","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3336\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6099"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}