{"id":3130,"date":"2018-04-29T21:33:36","date_gmt":"2018-04-29T21:33:36","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2018\/04\/29\/iran-les-femmes-victimes-d-une-discrimination-institutionnalisee-dans-le-monde-du-travail\/"},"modified":"2018-04-29T21:33:36","modified_gmt":"2018-04-29T21:33:36","slug":"iran-les-femmes-victimes-d-une-discrimination-institutionnalisee-dans-le-monde-du-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2018\/04\/29\/iran-les-femmes-victimes-d-une-discrimination-institutionnalisee-dans-le-monde-du-travail\/","title":{"rendered":"Iran : Les femmes, victimes d\u2019une discrimination institutionnalis\u00e9e dans le monde du travail"},"content":{"rendered":"<p>La discrimination sexuelle est institutionnalis\u00e9e dans les lois du pouvoir en place et le recrutement des femmes est contrecarr\u00e9e par la l\u00e9gislation.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Le statut des femmes dans le monde de l\u2019emploi, ne se conforme \u00e0 aucune des normes internationales et ne respecte aucunes des conventions et protocoles qui existent dans ce domaine dans le monde entier. En ce qui concerne l\u2019embauche des femmes, la loi iranienne n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019esprit d&#8217;autonomisation \u00e9conomique des femmes prescrit par les Nations Unies, ni les r\u00e8gles de l&#8217;Organisation mondiale du travail.<\/p>\n<p>Bien que membre de la Commission des Nations Unies pour les femmes, le r\u00e9gime iranien n\u2019a adopt\u00e9 aucune des mesures recommand\u00e9es pour am\u00e9liorer l&#8217;autonomisation \u00e9conomique des femmes. Pire encore, on peut dire qu\u2019il agit dans le sens inverse. Au lieu de supprimer les <em>\u00ab barri\u00e8res structurelles et les lois discriminatoires \u00bb<\/em> et de cr\u00e9er des <em>\u00ab opportunit\u00e9s \u00e9conomiques \u00e9gales \u00bb,<\/em> ce r\u00e9gime a accentu\u00e9 la discrimination contre les femmes et leur marginalisation.<\/p>\n<p>Ali Khamenei, le chef supr\u00eame du r\u00e9gime cl\u00e9rical, \u00e9nonce clairement l\u2019esprit qui r\u00e9git ces lois: <em>\u00ab Dieu a cr\u00e9\u00e9 les femmes pour un domaine particulier de la vie &#8230; l&#8217;emploi n&#8217;est pas un probl\u00e8me majeur pour les femmes \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, les femmes qui sont oblig\u00e9es de travailler pour soutenir leur famille, se soumettent \u00e0 des circonstances de travail inhumaines, o\u00f9 elles travaillent pour des revenus insignifiants, sans le moindre droit \u00e0 l\u2019assurance, ni aux autres protections sociales\u00a0; des circonstances qui sont souvent celles de <em>\u00ab\u00a0l\u2019esclavage\u00a0\u00bb<\/em>, confirment certains experts nationaux.<\/p>\n<p><strong>La plupart des femmes qui travaillent sont chefs de m\u00e9nage <\/strong><\/p>\n<p>La plupart des femmes chefs de m\u00e9nage travaillent avec des salaires d\u00e9risoires et leurs conditions de vie s\u2019aggrave chaque jour davantage.<\/p>\n<p>Le 28 mars 2018, dans un d\u00e9bat sur le budget de l\u2019\u00c9tat, Zahra Saei, la porte-parole de la commission parlementaire des affaires sociales, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir de l\u2019automne 2017, les allocations familiales ont tout simplement \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es des revenus des femmes chefs de m\u00e9nage et ont \u00e9t\u00e9 soustraites des salaires qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s (le site <em>Salamat news<\/em>, 28 mars 2018).<\/p>\n<p>Parvaneh Salahshouri, la pr\u00e9sidente de la fraction des femmes au Parlement, a d\u00e9clar\u00e9 que dans le budget de 1997, le syst\u00e8me des cr\u00e9dits a plut\u00f4t accru la pr\u00e9carit\u00e9. Elle r\u00e9v\u00e8le que la prime d\u2019assurance des femmes m\u00e8res de plus de trois enfants ont diminu\u00e9 de plus de 30% (Agence de presse <em>Isna<\/em>, 18 d\u00e9cembre 2017)<\/p>\n<p>En Iran, environ 3,5 millions de femmes chefs de m\u00e9nage sont confront\u00e9es \u00e0 de graves probl\u00e8mes d&#8217;emploi et seulement 180 000 d&#8217;entre elles sont couvertes par l&#8217;organisme de protection sociale et touchent une pension mensuelle de 70 000 (soit moins de 10% du smic). Ces circonstances poussent beaucoup d\u2019entre elles \u00e0 avoir recours \u00e0 des solutions extr\u00eames pour gagner leur vie, comme la vente des membres de leur corps, devenue de plus en plus courante en Iran. Beaucoup encore, sont contraintes de choisir une vie de sdf.<\/p>\n<p><strong>Les travailleuses, premi\u00e8res victimes de la faillite \u00e9conomique en Iran<\/strong><\/p>\n<p>Dans les circonstances actuelles de l\u2019\u00e9conomie iranienne om les d\u00e9p\u00f4ts de bilan se suivent chaque jour, les travailleurs sont d\u00e9munis de la moindre s\u00e9curit\u00e9 dans leur embauche. Les femmes sont les premi\u00e8res victimes de ces circonstances. Elles sont les premi\u00e8res qui sont vis\u00e9es par les licenciements dues \u00e0 la baisse des effectifs dans tous les mous et remous de la crise \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Les femmes mari\u00e9es sont les premi\u00e8res victimes de ces licenciements. La plupart des femmes sont expuls\u00e9es d\u00e8s qu\u2019elles demandent le cong\u00e9 de maternit\u00e9, et elles sont remplac\u00e9es par des travailleurs(ses) c\u00e9libataires. \u00a0Selon des chiffres fournis par un professeur d\u2019Universit\u00e9, Fatma Sadeghi, sur une p\u00e9riode de 10 ans, 74 000 femmes ont \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9es apr\u00e8s l&#8217;accouchement (Agence de presse <em>Fars<\/em>, 16 juin 2017).<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re le pouvoir en place a m\u00eame aboli officiellement aboli le cong\u00e9 d&#8217;allaitement.<\/p>\n<p>Un haut directeur du minist\u00e8re du Travail avait \u00e9mis un directif interdisant le licenciement des femmes dans la p\u00e9riode des deux ans o\u00f9 elles allaitent, mais le tribunal g\u00e9n\u00e9ral de la Cour de justice administrative a aboli ce directif dont la source a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e <em>\u00ab\u00a0sans comp\u00e9tence\u00a0\u00bb<\/em> (l\u2019Agence de presse <em>Tasnim<\/em>, 15 septembre 2017).<\/p>\n<p><strong>Travailler sans contrat ni assurance<\/strong><\/p>\n<p>La discrimination institutionnalis\u00e9e dans l&#8217;emploi a rendu quasi-impossible le progr\u00e8s des jeunes femmes dans le monde du travail. En l&#8217;absence d&#8217;un emploi d\u00e9cent et face \u00e0 un esprit patriarcal qui pr\u00e9vaut dans le march\u00e9 du travail, beaucoup de femmes issues des universit\u00e9s sont r\u00e9duites \u00e0 des emplois insignifiants. <em>\u00ab\u00a0Au cours de ces 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, 2 millions de filles ont \u00e9t\u00e9 dipl\u00f4m\u00e9es des universit\u00e9s du pays, ce qui repr\u00e9sente 60% des dipl\u00f4m\u00e9s du pays, mais le taux de ch\u00f4mage des femmes a augment\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, reconna\u00eet un officiel du gouvernement.<\/p>\n<p>La presse gouvernementale \u00e9crit que les femmes issues des universit\u00e9s se caract\u00e9risent par des salaires plus bas que ceux prescrits par la loi et pour un travail sans contrat, ni assurance.<\/p>\n<p>Un rapport bouleversant publi\u00e9 dans le journal <em>Shahrvand<\/em> le 28 juin 2017, r\u00e9v\u00e8le qu\u2019une femmes titulaire d\u2019une ma\u00eetrise en sciences politiques et d\u2019un Master en g\u00e9nie informatique, peut au mieux esp\u00e9rer vendre des sandwichs ou devenir secr\u00e9taire dans un bureau, ce qui lui ferait gagner entre 30 \u00e0 60\u20ac par mois\u00a0!<\/p>\n<p>Le smic a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli \u00e0 200\u20ac par mois, alors que le seuil de pauvret\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 800\u20ac par mois.<\/p>\n<p>Nombreux sont les femmes issues de grandes universit\u00e9s du pays qui se converties en marchandes ambulantes. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de marchand ambulant est devenu de plus en plus courant en Iran, surtout chez les femmes. Ces marchands ambulant(e)s sont souvent attaqu\u00e9(e)s par les vigiles des Mairies qui les passent au tabac et qui confisquent une partie de leurs marchandises. Ces femmes sont donc en effet consid\u00e9r\u00e9es comme des victimes d\u2019une violence institutionnalis\u00e9e. En m\u00eame temps, le gouvernement de Hassan Rouhani a introduit le nombre des femmes, marchandes ambulantes, dans le bilan des emplois cr\u00e9\u00e9s par le gouvernement\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Vente des organes de son corps\u00a0: derni\u00e8re chance pour la survie<\/strong><\/p>\n<p>Le taux de ch\u00f4mage des femmes augmente rapidement. Abu al-Hassan Firouzabadi, vice-ministre du Travail du cabinet de Hassan Rouhani a reconnu que 100 000 femmes sont licenci\u00e9es chaque ann\u00e9e. D&#8217;autres sources indiquent qu&#8217;au moins 900 000 femmes ont \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9es au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces chiffres d\u00e9sastreux aboutissent soit \u00e0 la vente des organes de son corps pour survivre, soit \u00e0 une vie de sdf, soit \u00e0 la vente des b\u00e9b\u00e9s et enfants, et une panoplie d\u2019autres maux sociaux qui secouent le pays.<\/p>\n<p>Sous l\u2019actuel r\u00e9gime, les femmes n\u2019ont non seulement pas le moindre espoir de progresser dans leur activit\u00e9 professionnelle, mais elles ont encore \u00e0 combattre r\u00e9guli\u00e8rement le licenciement, le ch\u00f4mage et une pr\u00e9carit\u00e9 galopante.<\/p>\n<p>Cette institutionnalisation de la discrimination n\u2019a cependant pas r\u00e9duit en silence les femmes qui sont \u00e0 l\u2019avant-garde des luttes de la classe ouvri\u00e8re et des autres couches de la soci\u00e9t\u00e9 pour acqu\u00e9rir leurs droits. Au cours de 2017, elles ont particip\u00e9 \u00e0 environ 200 mouvements de protestation, sans compter la part active qu\u2019elles ont eu dans les r\u00e9voltes de d\u00e9cembre et janvier dernier. Les femmes y ont jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan, notamment pour encourager la continuit\u00e9 du mouvement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La discrimination sexuelle est institutionnalis\u00e9e dans les lois du pouvoir en place et le recrutement des femmes est contrecarr\u00e9e par la l\u00e9gislation.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5885,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":[],"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3130","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3130"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3130\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}