{"id":3077,"date":"2018-04-11T21:53:43","date_gmt":"2018-04-11T21:53:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2018\/04\/11\/maryam-akbari-c-est-a-moi-et-aux-autres-de-mes-codetenus-de-vous-accorder-l-amnistie\/"},"modified":"2018-04-11T21:53:43","modified_gmt":"2018-04-11T21:53:43","slug":"maryam-akbari-c-est-a-moi-et-aux-autres-de-mes-codetenus-de-vous-accorder-l-amnistie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2018\/04\/11\/maryam-akbari-c-est-a-moi-et-aux-autres-de-mes-codetenus-de-vous-accorder-l-amnistie\/","title":{"rendered":"Maryam Akbari : C\u2019est \u00e0 moi et aux autres de mes cod\u00e9tenus de vous accorder l\u2019amnistie !"},"content":{"rendered":"<p>La prisonni\u00e8re politique Maryam Akbari-Monfared a r\u00e9cemment envoy\u00e9 une lettre ouverte du Quartier des femmes de la prison d&#8217;Evin de T\u00e9h\u00e9ran, dans laquelle elle r\u00e9pond au juge Abolqassem Salavati, Chef du 15<sup>e<\/sup> Chambre du Tribunal de la R\u00e9volution islamique, qui l\u2019avait condamn\u00e9 \u00e0 15 ans de r\u00e9clusion.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Le juge avait r\u00e9pondu \u00e0 un recours de l\u2019\u00e9poux de Mme Akbari-Monfared sur la possibilit\u00e9 de son rel\u00e2chement, en affirmant qu\u2019il fallait qu\u2019il <em>\u00ab\u00a0v\u00e9rifie si son nom figure sur la liste des personnes amnistiables\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Dans cette lettre ouverte, Maryam Akbari-Monfared a \u00e9num\u00e9r\u00e9 les crimes commis par les religieux au pouvoir, se d\u00e9clarant fi\u00e8re de s\u2019\u00eatre oppos\u00e9e \u00e0 ce r\u00e9gime.<em> &#8220;<\/em> <em>C\u2019est \u00e0 moi et aux autres de mes cod\u00e9tenus de vous accorder l\u2019amnistie&#8221;, <\/em>a-t-elle notamment \u00e9crit.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Voici le texte int\u00e9gral de cette lettre publi\u00e9e le 30 mars 2018 :<\/p>\n<p>En 1979, la soci\u00e9t\u00e9 iranienne \u00e9tait encore sous l\u2019ambiance r\u00e9volutionnaire quand arrivait le premier Nowrouz d\u2019apr\u00e8s la chute du Chah. Le califat islamique dissimulait encore sa nature tyrannique par un discours d\u00e9mocratique, en organisant le r\u00e9f\u00e9rendum sur le mode du pouvoir qui deviendra la R\u00e9publique islamique. Ce discours lui servait de couvert \u00e0 ses id\u00e9aux qui allaient contre le courant de l\u2019Histoire et son antagonisme contre les valeurs humaines. C\u2019est ensuite que les jours sombres se sont suivis l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;histoire des nations, il y a des \u00e9v\u00e8nements dont l&#8217;impact dure plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. <em>&#8220;<\/em><\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e8nements des ann\u00e9es 1980, la guerre de huit ans entre l\u2019Iran et l\u2019Irak avec ses <em>&#8220;soldats jetables&#8221;<\/em> qui \u00e9taient ces \u00e9coliers envoy\u00e9s sur les champs de mines pour ouvrir la voie au reste des troupes, et les ex\u00e9cutions des fils et filles les plus courageux d&#8217;Iran ont \u00e9t\u00e9 les premiers acquis de cette R\u00e9publique islamique pour le peuple iranien. Ce ne sont pas que les vies humaines qui ont \u00e9t\u00e9 an\u00e9anties. Ce ne sont pas que de longues ann\u00e9es qui ont \u00e9t\u00e9 g\u00e2ch\u00e9es. Les infrastructures sociales ont rapidement commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9manteler\u00a0; une catastrophe dont les cons\u00e9quences se font encore sentir des d\u00e9cennies apr\u00e8s la fin de la guerre.<\/p>\n<p>Les murs de la r\u00e9pression s\u2019\u00e9rigeaient l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, l\u2019un plus haut que l\u2019autre. Chaque jour \u00e9tait une nouvelle r\u00e9v\u00e9lation de la nature totalitaire de la R\u00e9publique islamique qui r\u00e9pandait son monopole \u00e0 tous les secteurs de la vie dans ce pays.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cet atmosph\u00e8re oxydant, sans la moindre lueur de justice et de libert\u00e9, qu\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 un lev\u00e9 de bouclier d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de pionniers qui a refus\u00e9 de se plier et qui a d\u00e9nonc\u00e9 la nature inhumaine et moyen\u00e2geuse de ce r\u00e9gime politique. \u00a0Saluons tous les martyrs qui ont donn\u00e9 leur vie pour la libert\u00e9\u00a0: les martyrs des ann\u00e9es 1980, ceux du massacre des prisonniers politiques en 1988. Ce sont eux qui ont sem\u00e9 les graines de la protestation et de la r\u00e9sistance dans la soci\u00e9t\u00e9 iranienne et ont soulev\u00e9 le respect de la communaut\u00e9 internationale.<\/p>\n<p>Dans les massacres de 1988, le r\u00e9gime dissimulait les tombes et l\u2019identit\u00e9 des martyrs. Depuis 1980, nier la v\u00e9rit\u00e9 dans les prisons permettait au pouvoir en place de maintenir le syst\u00e8me des tortures et des liquidations. En dehors des prisons les agents du pouvoir en place ont toujours ni\u00e9 l\u2019existence des victimes. Le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Mohammad Javad Zarif, a m\u00eame ni\u00e9 l&#8217;existence des prisonniers politiques et de prisonniers d&#8217;opinion, ce que le mouvement en faveur de la justice a toujours d\u00e9montr\u00e9, preuves et d\u00e9tails \u00e0 l\u2019appui.\u00a0<\/p>\n<p>Les massacres de 1988 ont jet\u00e9 les bases d&#8217;un cycle infernal des ex\u00e9cutions capitales qui continuent toujours de s\u00e9vir. La R\u00e9publique islamique n&#8217;a apport\u00e9 que carnage, pillage et effusion de sang pour l&#8217;Iran et les Iraniens. Ce pouvoir a vol\u00e9 les richesses et les ressources du pays. Les banques et les caisses de retraite ont fait faillite, les gens ont faim et l&#8217;\u00e9conomie est paralys\u00e9e. La br\u00e8che a \u00e9t\u00e9 ouverte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du s\u00e9rail et les crises intestines s\u2019amplifient de jour en jour.<\/p>\n<p>Au milieu de tant de mis\u00e8res et de malheurs, le clerg\u00e9 au pouvoir a senti venir le d\u00e9but de la fin. L\u2019<em>&#8220;amnistie&#8221;<\/em> n\u2019est qu\u2019une d\u00e9magogie pour tenter d\u2019effacer toutes ces ann\u00e9es d&#8217;oppression et tous les malheurs qu&#8217;ils ont fait subir au peuple iranien.<\/p>\n<p>Ce que j&#8217;ai bri\u00e8vement \u00e9num\u00e9r\u00e9 est une r\u00e9ponse \u00e0 Abolqasem Salavati qui, dans un dernier recours de mon \u00e9poux, derni\u00e8re enqu\u00eate, a dit : <em>&#8220;Laissez-moi si son nom figure sur la liste des personnes amnistiables\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s neuf ans de r\u00e9clusion, j\u2019ai la t\u00eate haute, toute fi\u00e8re et toute heureuse de tous ces moments que j\u2019ai pass\u00e9 derri\u00e8re les barreaux. Je continuerai de r\u00e9clamer la justice pour ma s\u0153ur et mes fr\u00e8res ex\u00e9cut\u00e9s. \u00a0Je continuerai de r\u00e9clamer justice pour ma vie que vous avez bris\u00e9e, pour neuf ans de la vie de mes enfants que vous avez ab\u00eem\u00e9e. Sachez donc que c\u2019est \u00e0 moi et \u00e0 mes cod\u00e9tenus qui revient de vous amnistier, pas l\u2019inverse.<\/p>\n<p>Je salue du fond du c\u0153ur les martyrs qui sont tomb\u00e9s pour la libert\u00e9 et les martyrs du soul\u00e8vement de d\u00e9cembre et janvier qui sont devenus des symboles de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, d&#8217;altruisme et de pers\u00e9v\u00e9rance.<\/p>\n<p>Maryam Akbari-Monfared<\/p>\n<p>Prison d\u2019Evin<\/p>\n<p>Printemps 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La prisonni\u00e8re politique Maryam Akbari-Monfared a r\u00e9cemment envoy\u00e9 une lettre ouverte du Quartier des femmes de la prison d&#8217;Evin de T\u00e9h\u00e9ran, dans laquelle elle r\u00e9pond au juge Abolqassem Salavati, Chef du 15e Chambre du Tribunal de la R\u00e9volution islamique, qui l\u2019avait condamn\u00e9 \u00e0 15 ans de r\u00e9clusion.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5827,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":[],"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3077","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3077\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5827"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}