{"id":2628,"date":"2017-10-17T19:17:23","date_gmt":"2017-10-17T19:17:23","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2017\/10\/17\/des-femmes-a-la-pointe-d-un-mouvement-pour-la-justice-en-iran\/"},"modified":"2020-04-21T20:16:35","modified_gmt":"2020-04-21T18:16:35","slug":"des-femmes-a-la-pointe-d-un-mouvement-pour-la-justice-en-iran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2017\/10\/17\/des-femmes-a-la-pointe-d-un-mouvement-pour-la-justice-en-iran\/","title":{"rendered":"Des femmes \u00e0 la pointe d\u2019un mouvement pour la justice en Iran"},"content":{"rendered":"<p><strong>Article paru dans le num\u00e9ro de septembre du magazine <a href=\"http:\/\/women-side.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">WOMEN SIDE<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Sur une chaine satellite de l\u2019opposition iranienne, les 4, 5 et 6 aout, de nombreuses femmes se sont press\u00e9es au micro pour t\u00e9moigner, chacune \u00e0 un bout du monde, d\u2019une blessure que nul ne veut refermer en Iran.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je m\u2019appelle Farzaneh et je t\u00e9l\u00e9phone de Londres. Cinq membres de ma famille ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s par les mollahs, dont deux tantes, Mehranguiz et Soheila Mohammad-Rahimi, en 1988. Soheila avait 18 ans lors de son arrestation et Mehranguiz 22 ans. Quand elles ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es, ma grand-m\u00e8re \u00e9tait aussi en prison.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une autre a t\u00e9moign\u00e9 depuis la Su\u00e8de. Ezzat a perdu son mari, Mehdi Ghara\u00ef, dans cette boucherie de l\u2019\u00e9t\u00e9 1988<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><span>[1]<\/span><\/a>. Soudain elle se met \u00e0 \u00e9grener un long chapelet d\u2019une quarantaine de victimes de ce terrible massacre dans la seule prison de Chiraz, partis avec son mari. Un crime contre l\u2019humanit\u00e9<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><span>[2]<\/span><\/a>, comme l\u2019a qualifi\u00e9 Amnesty International, la FIDH, Human Rights Watch et d\u2019autres encore.<\/p>\n<p>Au fil des noms, celui d\u2019une femme de 50 ans, Chamsi Barari, et d\u2019une lyc\u00e9enne<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><span>[3]<\/span><\/a>, Chirine Eslami. Toutes les couches sociales sont touch\u00e9es\u00a0: enseignants, \u00e9tudiants, adolescents, ouvriers, m\u00e9decins, commer\u00e7ants, ing\u00e9nieurs, infirmi\u00e8res, des fratries, des familles enti\u00e8res. Ce qui a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un des pires crimes de l\u2019apr\u00e8s seconde guerre mondiale a fait, selon les recherches du Conseil national de la r\u00e9sistance (CNRI) et les d\u00e9clarations d\u2019ex-autorit\u00e9s en Iran, plus de 30.000 morts, dont des milliers de femmes<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><span>[4]<\/span><\/a>.<\/p>\n<p>Une dame \u00e2g\u00e9e apparait \u00e0 l\u2019\u00e9cran, Mme Ibrahim-Pour, que le pr\u00e9sentateur nomme avec tendresse \u00ab\u00a0M\u00e8re Ibrahim-Pour\u00a0\u00bb, en signe de respect. Elle se tient droite, son regard un peu perdu fixe la cam\u00e9ra. Les mots se bousculent dans sa bouche. Elle porte un deuil immense\u00a0: 30 des siens, de sa famille ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s, dont quatre de ses enfants. Sa fille \u00e9taient enceinte de 6 mois quand elle a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans un raid des pasdaran \u00e0 son domicile. Cette femme est un monument de souffrance et de r\u00e9sistance. \u00ab\u00a0Mon second fils, ex\u00e9cut\u00e9 40 jours apr\u00e8s mon ain\u00e9, \u00e9tait grand et fort. Quand ils m\u2019ont rendu son corps, tous les os \u00e9taient bris\u00e9s. Je n\u2019ai pas eu le droit de l\u2019enterrer au cimeti\u00e8re. Je l\u2019ai enterr\u00e9 moi-m\u00eame dans la for\u00eat.\u00a0\u00bb Des larmes coulent sur son visage.\u00a0\u00ab\u00a0Mon dernier a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 dans le massacre de 1988.\u00a0Je n\u2019\u00e9tais plus en Iran. J\u2019avais fui. Oui, je demande justice.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un choc de titans<\/strong><\/p>\n<p>Zohreh<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><span>[5]<\/span><\/a> qui est r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 Paris, a voulu elle aussi t\u00e9moigner. D\u2019une voix lourde et pos\u00e9e, elle cherche ses mots. Chacune de ses phrases esquisse un portrait, celui de sa s\u0153ur, Zahra Bijan-Yar, une de ces 30.000 \u00e2mes fauch\u00e9es en pleine jeunesse. \u00ab\u00a0Quand elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, elle avait 23 ans. Elle avait trouv\u00e9 un travail. Elle avait un esprit tr\u00e8s ouvert, elle aimait aider les gens. Elle venait de se marier et elle \u00e9tait enceinte. On en a inform\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises la prison, mais elle a perdu son b\u00e9b\u00e9 sous la torture. Elle avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 sept ans derri\u00e8re les barreaux. Quand on allait la voir, on voyait bien qu\u2019elle prenait des coups. Mais elle avait toujours le moral, elle avait un si joli rire, elle aimait tellement la vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-5252 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra_bijanyar.jpg\" width=\"343\" height=\"362\" \/><noscript><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-5252 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra_bijanyar.jpg\" width=\"343\" height=\"362\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra_bijanyar.jpg 343w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra_bijanyar-284x300.jpg 284w\" sizes=\"(max-width: 343px) 100vw, 343px\" \/><\/noscript><\/p>\n<p>C\u2019est justement une g\u00e9n\u00e9ration amoureuse de la vie et passionn\u00e9e de libert\u00e9 que Khomeiny, dans une fatwa de 250 mots a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019exterminer \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1988. Une g\u00e9n\u00e9ration o\u00f9 une multitude hommes et surtout de femmes se battent contre un rempart de fanatisme qui s\u2019est \u00e9lev\u00e9 en Iran, au nom de la religion. Le d\u00e9cret de Khomeiny est nomm\u00e9ment dirig\u00e9 contre les membres et sympathisants de l\u2019OMPI, la plus grande organisation d\u2019opposition iranienne qui au grand dam des mollahs s\u2019appuie sur l\u2019islam d\u00e9mocratique et tol\u00e9rant et donne toute sa place \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des femmes et des hommes. Le choc des titans\u00a0: la dictature contre la libert\u00e9. Khomeiny sera d\u2019une cruaut\u00e9 sans nom. Les victimes d\u2019un courage sans fin, surtout les femmes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette campagne du mouvement pour la justice, se f\u00e9licite Zohreh, permet d\u2019entendre des choses que personne n\u2019a entendues jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Et tant que la justice ne sera pas rendue, cette campagne continuera.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Je ne marchande pas mon honneur\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La derni\u00e8re fois que j\u2019ai vue Zahra au parloir, c\u2019\u00e9tait le 18 juillet 1988, au lendemain du cessez-le-feu dans la guerre Iran-Irak. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s contente et je lui ai dit\u00a0: votre situation va s\u2019am\u00e9liorer. Mais elle m\u2019a r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0non, je suis tr\u00e8s inqui\u00e8te. J\u2019ai entendu des choses, que Dieu nous vienne en aide. Ils pr\u00e9parent quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne s\u2019est plus jamais revues. Les visites ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es. Khomeiny a promulgu\u00e9 son d\u00e9cret et form\u00e9 les commissions de la mort et plus de 30.000 prisonniers politiques ont \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s dans le silence du monde. Moi \u00e0 l\u2019\u00e9poque j\u2019\u00e9tais encore en Iran. Oui c\u2019\u00e9tait vraiment dans le silence international.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un des responsables de la prison d\u2019Evine du nom de Zamani, avait beaucoup insist\u00e9 pour que Zahra soit ex\u00e9cut\u00e9e. Il avait demand\u00e9 \u00e0 ma s\u0153ur de collaborer et elle lui avait r\u00e9pondu\u00a0: je ne marchande pas mon honneur. Et l\u00e0-dessus, ce Zamani a obtenu sa condamnation \u00e0 mort.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Zahra fait partie de ces prisonni\u00e8res qui avaient \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9es pendant 8 \u00e0 9 mois dans le terrible quartier \u00ab\u00a0r\u00e9sidentiel\u00a0\u00bb [o\u00f9 les femmes servaient d\u2019esclaves sexuelles et o\u00f9 tout \u00e9tait fait pour les d\u00e9shumaniser]. A son retour elle \u00e9tait dans un \u00e9tat d\u00e9plorable tant sur le plan physique que psychologique. Elle avait pratiquement perdu la vue. Il ne lui restait que 2\/10<sup>e<\/sup>. Dans une visite, j\u2019avais vu ses pieds qui avaient d\u00e9mesur\u00e9ment enfl\u00e9s sous la torture.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais ses bourreaux ne se sont pas content\u00e9s de les avoir massacr\u00e9s. Ils ont continu\u00e9 avec les familles. Ils n\u2019ont jamais dit quand ils les avaient ex\u00e9cut\u00e9s, o\u00f9 ils les avaient enterr\u00e9s, ni pourquoi ils les avaient tu\u00e9s. C\u2019\u00e9taient tous des prisonniers qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s.\u00a0\u00bb Certains avaient m\u00eame fini de purger leur peine, d\u2019autres qui avaient \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s en prison.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Un mouvement pour la justice<\/strong><\/p>\n<p>Un mouvement pour la justice s\u2019est lev\u00e9 en Iran en aout 2016. C\u2019est la dirigeante de l\u2019opposition iranienne Maryam Radjavi<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><span>[6]<\/span><\/a> qui a initi\u00e9 ce courant. Le but est de mettre fin \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 totale dont jouissent les auteurs et les responsables de ce massacre jusqu\u2019\u00e0 ce jour et qui les encourage \u00e0 continuer. 100 ex\u00e9cutions pour le seul mois de juillet 2017\u00a0<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><span>[7]<\/span><\/a> en Iran. 81 femmes ex\u00e9cut\u00e9es sous la pr\u00e9sidence de Rohani.<\/p>\n<p>Ce mouvement pour la justice men\u00e9 par les familles des victimes, en grande majorit\u00e9 des femmes, a bris\u00e9 un tabou en Iran. Tant et si bien que le fils de l\u2019ayatollah Montazeri, successeur de Khomeiny en 1988 \u2013 mais \u00e9cart\u00e9 par la suite \u2013 a mis en ligne un enregistrement audio<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><span>[8]<\/span><\/a> d\u2019une r\u00e9union datant justement d\u2019aout 1988, en plein massacre, entre son p\u00e8re et des membres de la commission de la mort. Le religieux d\u00e9nonce en termes vigoureux ce g\u00e9nocide. Ses interlocuteurs en prennent la d\u00e9fense. L\u2019un d\u2019entre eux Pour-Mohammadi sera quatre ans ministre de la Justice de Rohani, dit pr\u00e9sident \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Celui qui le remplace dans le second mandat de Rohani est aussi un juge potence issu de ce massacre. Alireza Ava\u00ef a s\u00e9vi dans la prison de Dezfoul (dans le sud de l\u2019Iran). Des t\u00e9moins soulignent son extr\u00eame cruaut\u00e9, notamment pour les ex\u00e9cutions de mineurs dans ce massacre. Depuis 1988, tous les ministres de la justice sont des responsables des ex\u00e9cutions massives qui forment le socle commun de la dictature religieuse.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-5253 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra-bijanyars.jpg\" width=\"305\" height=\"260\" \/><noscript><img decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-5253 lazyload\" style=\"float: left; margin: 10px;\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra-bijanyars.jpg\" width=\"305\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra-bijanyars.jpg 305w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/images_articles_zahra-bijanyars-300x256.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><\/noscript><\/p>\n<p>Le mouvement pour la justice a \u00e9branl\u00e9 les fondements m\u00eame de la th\u00e9ocratie. Le favori du guide supr\u00eame \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de mai 2017, n\u2019\u00e9tait autre que Ra\u00efssi, un des hommes de l\u2019enregistrement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sur internet, un membre de la commission de la mort. Le slogan \u00ab\u00a0ni charlatan (Rohani) ni bourreau (Ra\u00efssi)\u00a0\u00bb est devenu viral pendant la campagne. Le guide supr\u00eame a d\u00fb reculer et laisser la pr\u00e9sidence \u00e0 la peste, Rohani, plut\u00f4t qu\u2019au chol\u00e9ra, Ra\u00efssi.<\/p>\n<p>Amnesty International a publi\u00e9 le 2\u00a0ao\u00fbt 2017<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><span>[9]<\/span><\/a> un excellent rapport sur la pers\u00e9cution des d\u00e9fenseurs des droits humains en Iran qui sont durement r\u00e9prim\u00e9s \u00ab\u00a0depuis l\u2019accession d\u2019Hassan Rohani \u00e0 la pr\u00e9sidence en 2013, diabolisant et emprisonnant les militants qui osent se battre pour les droits des citoyens. Parmi eux des parents de ceux ex\u00e9cut\u00e9s sommairement, ou victimes de disparitions forc\u00e9es durant les ann\u00e9es 1980 et qui demandent des comptes, et ceux qui recherchent la v\u00e9rit\u00e9 et la justice pour les grandes violations des droits humains des ann\u00e9es 1980, ont clairement subi un plan de r\u00e9pression intense.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Amnesty International note l\u2019int\u00e9r\u00eat que porte la jeunesse iranienne \u00e0 ce mouvement pour la justice\u00a0: \u00ab\u00a0Les d\u00e9fenseurs des droits humains vis\u00e9s pour rechercher la v\u00e9rit\u00e9 et la justice incluent de jeunes n\u00e9s apr\u00e8s la r\u00e9volution de 1979 qui utilisent les r\u00e9seaux sociaux et d\u2019autres plateformes pour discuter des atrocit\u00e9s commises dans le pass\u00e9 et pour assister aux rassemblements de comm\u00e9moration qui ont lieu \u00e0 Kharavan.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Parmi ces d\u00e9fenseurs, une femme d\u2019un courage \u00e0 couper le souffle\u00a0: Maryam Akbari Monfared<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><span>[10]<\/span><\/a>, m\u00e8re de trois filles. Amnesty \u00e9crit dans son rapport qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 15 ans de prison et qu\u2019elle subit des repr\u00e9sailles, dont un d\u00e9ni de soin, des menaces de trois ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires de peine et un \u00e9loignement dans un p\u00e9nitencier lointain, pour avoir d\u00e9pos\u00e9 plainte au Parquet depuis l\u2019int\u00e9rieur de la prison en octobre 2016. Elle y r\u00e9clame une enqu\u00eate officielle sur les ex\u00e9cutions massives extrajudiciaires des prisonniers politiques en 1988\u00a0\u00bb. Elle y a perdu une s\u0153ur et un fr\u00e8re. Deux autres fr\u00e8res avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s. Un quatri\u00e8me fr\u00e8re est en prison, et elle est accus\u00e9e d\u2019avoir t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 ses s\u0153urs survivantes qui se trouvent dans la r\u00e9sistance. Difficile de faire plus fort\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Nous sommes toutes des Maryam Akbari<\/strong><\/p>\n<p>Le plus dur dans un crime de cette ampleur est de briser le silence, savamment entretenu par le pouvoir iranien et r\u00e9percut\u00e9 dans la presse en Occident depuis 28 ans. Qui a entendu parler de ce massacre\u00a0? Mais depuis l\u2019arriv\u00e9e d\u2019internet et des r\u00e9seaux sociaux, le mur se brise. Pour paraphraser le philosophe Jank\u00e9l\u00e9vitch, oublier ce massacre, l\u2019enterrer dans le silence, \u00ab\u00a0serait un nouveau crime contre le genre humain\u00a0\u00bb. Le moment est venu de le faire savoir, de le propager autant que possible, de le condamner sur tous les tons pour que la lourde machine de l\u2019ONU se mette en marche, enclenche une enqu\u00eate internationale et envoie les responsables et les auteurs devant un tribunal. Nous pouvons et nous devons toutes \u00eatre une Maryam Akbari Monfared et demander justice pour ces 30.000 \u00e2mes vol\u00e9es.<\/p>\n<p>CNRI Femmes \u2013 H\u00e9l\u00e8ne Fathpour<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><span>[1]<\/span><\/a> http:\/\/www.wncri.org\/fr\/articles\/1435-celles-et-ceux-qui-ont-repondu-a-l-appel-de-la-liberte-en-iran<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><span>[2]<\/span><\/a> <strong>Amnesty International, <\/strong>2 novembre 2007 &#8211; Entre le 27 juillet 1988 et la fin de l&#8217;ann\u00e9e 1988, des milliers de prisonniers politiques, y compris des prisonniers d&#8217;opinion, ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s dans des prisons de tout le pays. Amnesty International consid\u00e8re ces ex\u00e9cutions comme des crimes contre l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/en\/documents\/mde13\/128\/2007\/en\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.amnesty.org\/en\/documents\/mde13\/128\/2007\/en\/<\/a><\/span><\/p>\n<p><span><\/span><strong>F\u00e9d\u00e9ration internationale des droits de l&#8217;homme (FIDH) &#8211; <\/strong>septembre 2013 &#8211; Les massacres extrajudiciaires massifs perp\u00e9tr\u00e9s dans diverses prisons iraniennes au cours de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1988 contre plusieurs milliers d&#8217;opposants politiques constituent, sans aucun doute, un crime contre l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/https__www.fidh_.org_IMG_pdf_fidh_lddhi_report_25_years_on_and_still_no_justice_sept_2013.pdf\">https:\/\/www.fidh.org\/IMG\/pdf\/fidh_lddhi_report_25_years_on_and_still_no_justice_sept_2013.pdf<\/a><\/span><\/p>\n<p><span><\/span><strong>Human Rights Watch, <\/strong>15 d\u00e9cembre 2005 &#8211; En 1988, le gouvernement iranien a ex\u00e9cut\u00e9 sommairement et extrajudiciairement des milliers de prisonniers politiques d\u00e9tenus dans des prisons iraniennes. La mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et syst\u00e9matique dont ces ex\u00e9cutions extrajudiciaires ont eu lieu constitue un crime contre l&#8217;humanit\u00e9 en vertu du droit international.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/report\/2005\/12\/15\/ministers-murder-irans-new-security-cabinet\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.hrw.org\/report\/2005\/12\/15\/ministers-murder-irans-new-security-cabinet<\/a><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><span>[3]<\/span><\/a> http:\/\/www.wncri.org\/fr\/articles\/1581-un-nouveau-document-revele-l-execution-de-filles-de-13-ans-en-iran<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><span>[4]<\/span><\/a> http:\/\/www.wncri.org\/fr\/articles\/1297-40-000-heroines-symbolisent-l-honneur-des-femmes-en-iran<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><span>[5]<\/span><\/a> <a href=\"http:\/\/csdhi.org\/index.php\/actualites\/executions\/7927-iran-temoignage-ma-soeur-etait-enceinte-lors-de-son-arrestation-elle-a-perdu-son-bebe-sous-la-torture?highlight=WyJ6b2hyZWgiLCJiaWphbnlhciIsInpvaHJlaCBiaWphbnlhciJd\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/csdhi.org\/index.php\/actualites\/executions\/7927-iran-temoignage-ma-soeur-etait-enceinte-lors-de-son-arrestation-elle-a-perdu-son-bebe-sous-la-torture?highlight=WyJ6b2hyZWgiLCJiaWphbnlhciIsInpvaHJlaCBiaWphbnlhciJd<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><span>[6]<\/span><\/a> <a href=\"http:\/\/www.maryam-rajavi.com\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.maryam-rajavi.com\/fr\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><span>[7]<\/span><\/a> <a href=\"http:\/\/www.iranmanif.org\/index.php\/manifestation\/en-iran\/5484-les-pendaisons-de-2017-en-iran\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.iranmanif.org\/index.php\/manifestation\/en-iran\/5484-les-pendaisons-de-2017-en-iran<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><span>[8]<\/span><\/a> <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ENH_LcrgQC4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ENH_LcrgQC4<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><span>[9]<\/span><\/a> <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/en\/documents\/mde13\/6446\/2017\/en\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.amnesty.org\/en\/documents\/mde13\/6446\/2017\/en\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/\/2015\/12\/01\/galerie-de-photos\/#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><span>[10]<\/span><\/a> http:\/\/www.wncri.org\/fr\/infos-des-femmes\/2286-iran-maryam-akbari-menacee-d-une-plus-longue-peine-de-prison<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article paru dans le num\u00e9ro de septembre du magazine WOMEN SIDE Sur une chaine satellite de l\u2019opposition iranienne, les 4, 5 et 6 aout, de nombreuses femmes se sont press\u00e9es au micro pour t\u00e9moigner, chacune \u00e0 un bout du monde, d\u2019une blessure que nul ne veut refermer en Iran.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5251,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":[],"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-2628","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2628"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2628\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5251"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}