{"id":26272,"date":"2026-05-14T20:36:58","date_gmt":"2026-05-14T18:36:58","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=26272"},"modified":"2026-05-14T20:36:59","modified_gmt":"2026-05-14T18:36:59","slug":"shabnam-madadzadeh-prison-devin-ompi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2026\/05\/14\/shabnam-madadzadeh-prison-devin-ompi\/","title":{"rendered":"Une \u00e9tudiante iranienne raconte l&#8217;enfer carc\u00e9ral : \u00ab Mon fr\u00e8re a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 sous mes yeux \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le 10 mai 2026, le Daily Mail a publi\u00e9 un entretien avec Shabnam Madadzadeh, ancienne prisonni\u00e8re politique, membre de l\u2019Organisation des Moudjahidines du Peuple d\u2019Iran (OMPI) et militante des droits humains. L&#8217;entretien a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 par Eliana Silver, grand reporter pour le service \u00e9tranger. Lors de cet \u00e9change, Shabnam Madadzadeh revient sur son calvaire dans les ge\u00f4les du r\u00e9gime des mollahs et d\u00e9nonce les m\u00e9canismes de la violence, de la torture et des violations massives des droits humains dans ces centres de d\u00e9tention.<\/h4>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d\u2019horreurs inimaginables dans les salles de torture en Iran, y compris les cris de victimes de viols. Les gardiens ont menac\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter mon fr\u00e8re devant moi si je ne signais pas de faux aveux. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant 70 jours, Shabnam Madadzadeh a v\u00e9cu seule dans une cellule d&#8217;environ trois m\u00e8tres sur deux. La pi\u00e8ce ne contenait presque rien, \u00e0 l&#8217;exception de trois couvertures, d&#8217;un tapis fin et d&#8217;une lumi\u00e8re fluorescente \u00e9blouissante, fix\u00e9e au plafond, qui ne s&#8217;\u00e9teignait jamais. Sa montre avait \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9e \u00e0 son arriv\u00e9e, tout comme ses effets personnels, la laissant incapable de distinguer le jour de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le silence durait rarement assez longtemps pour devenir r\u00e9confortant. Depuis d&#8217;autres secteurs de la section 209 de la prison d&#8217;Evin, Mme Madadzadeh <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2024\/06\/25\/agression-sexuelle-torture-iran\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">entendait les cris<\/a> de femmes subissant des passages \u00e0 tabac et des viols.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Vous entendez les gens hurler, pleurer, supplier. Parfois, vous imaginez que ce sont les voix de membres de votre famille. Vous pensez que c&#8217;est peut-\u00eatre votre fr\u00e8re ou votre s\u0153ur. Ils veulent que vous entendiez cela pour vous briser \u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis la porte finissait in\u00e9vitablement par s&#8217;ouvrir, signalant que son tour \u00e9tait venu. \u00ab Nous pouvons tout vous faire et personne n&#8217;entendra votre voix \u00bb, lui lan\u00e7aient les interrogateurs avant de commencer \u00e0 la frapper.<\/p>\n\n\n\n<p>Shabnam Madadzadeh avait 21 ans lorsqu&#8217;elle fut arr\u00eat\u00e9e \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran en 2009 et condamn\u00e9e \u00e0 cinq ans de prison pour son opposition au r\u00e9gime. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, elle \u00e9tudiait l&#8217;informatique \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 et s&#8217;\u00e9tait engag\u00e9e dans le mouvement de contestation \u00e9tudiante sous la pr\u00e9sidence de Mahmoud Ahmadinejad.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus de dix ans apr\u00e8s sa lib\u00e9ration du brutal syst\u00e8me carc\u00e9ral iranien, la femme de 38 ans ne parvient toujours pas \u00e0 oublier les horreurs dont elle a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin, comme elle le confie en d\u00e9tail au <a href=\"https:\/\/www.dailymail.com\/news\/article-15797791\/I-witnessed-unimaginable-horrors-Irans-torture-dungeons-including-screams-rape-victims-guards-threatened-execute-brother-didnt-sign-false-confession.html?ns_mchannel=rss&amp;ns_campaign=1490&amp;ito=social-twitter_mailonline\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Daily Mail<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de son arrestation, elle se rendait en taxi \u00e0 une r\u00e9union avec d&#8217;autres militants lorsque des agents du renseignement ont intercept\u00e9 le v\u00e9hicule. \u00ab Ils n&#8217;ont pr\u00e9sent\u00e9 aucune pi\u00e8ce d&#8217;identit\u00e9 ni fourni d&#8217;explication \u00bb, dit-elle. \u00ab Au d\u00e9but, je n&#8217;ai m\u00eame pas compris que j&#8217;\u00e9tais arr\u00eat\u00e9e. J&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre victime d&#8217;un enl\u00e8vement. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les agents lui ont d&#8217;abord affirm\u00e9 qu&#8217;elle \u00e9tait d\u00e9tenue pour des infractions mineures, sugg\u00e9rant un lien avec le code vestimentaire. Ce n&#8217;est que plus tard, apr\u00e8s son transfert vers l&#8217;aile du renseignement de la prison d&#8217;Evin, qu&#8217;elle a compris la v\u00e9ritable raison de son arrestation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 conduite \u00e0 la section 209 de la <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2026\/03\/05\/prison-de-qarthak-qarchak\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">prison d&#8217;Evin<\/a>, contr\u00f4l\u00e9e par les services de renseignement. C&#8217;est un lieu sinistre comptant de nombreuses cellules d&#8217;isolement. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;ils d\u00e9tiennent les personnes accus\u00e9es d&#8217;activit\u00e9s politiques \u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh rapporte que les agents du renseignement exigeaient qu&#8217;elle avoue des liens avec l&#8217;OMPI, le mouvement d&#8217;opposition en exil, car certains de ses proches \u00e9taient associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;organisation. Les interrogateurs voulaient qu&#8217;elle d\u00e9nonce publiquement le groupe et participe \u00e0 des aveux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ils voulaient que je dise tout ce qu&#8217;ils me dictaient \u00bb, se souvient-elle. \u00ab Ils voulaient des aveux forc\u00e9s. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu&#8217;elle a refus\u00e9, elle a \u00e9t\u00e9 violemment frapp\u00e9e \u00e0 coups de b\u00e2tons, de chaises et de fouets. Pendant les interrogatoires, elle avait les yeux band\u00e9s et devait faire face au mur pendant que jusqu&#8217;\u00e0 six gardiens l&#8217;entouraient pour l&#8217;agresser. Les gardiens mena\u00e7aient de la violer, la narguant en affirmant que personne n&#8217;entendrait ses cris.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;un des moments les plus traumatisants de son incarc\u00e9ration survint lors d&#8217;un interrogatoire impliquant son fr\u00e8re, arr\u00eat\u00e9 en m\u00eame temps qu&#8217;elle. Un jour, les gardiens ont ordonn\u00e9 \u00e0 Mme Madadzadeh de retirer son bandeau. Son fr\u00e8re se tenait devant elle, entour\u00e9 d&#8217;interrogateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ils m&#8217;ont forc\u00e9e \u00e0 regarder alors qu&#8217;ils commen\u00e7aient \u00e0 le battre devant moi \u00bb, raconte-t-elle. \u00ab Ils voulaient qu&#8217;il signe de faux aveux et qu&#8217;il me convainque de faire de m\u00eame. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ajoute que les interrogateurs mena\u00e7aient de les ex\u00e9cuter tous les deux, affirmant qu&#8217;ils tueraient son fr\u00e8re en premier sous ses yeux. \u00ab Tu le vois pour la derni\u00e8re fois \u00bb, ricanaient-ils.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cet \u00e9pisode, elle a cess\u00e9 de dormir. \u00ab Chaque nuit, je restais \u00e9veill\u00e9e, attendant qu&#8217;ils viennent \u00bb, dit-elle. \u00ab Je voulais \u00eatre r\u00e9veill\u00e9e s&#8217;ils venaient m&#8217;emmener pour mon ex\u00e9cution. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La torture psychologique constante \u00e9tait pire que les coups, explique-t-elle, car les hommes mena\u00e7aient r\u00e9guli\u00e8rement d&#8217;arr\u00eater et de torturer d&#8217;autres membres de sa famille. \u00ab Ils me disaient que mes parents et mes amis \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9tention. Ils disaient que personne ne savait o\u00f9 j&#8217;\u00e9tais et que personne ne m&#8217;aiderait. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh affirme avoir entendu \u00e0 plusieurs reprises des t\u00e9moignages d&#8217;autres d\u00e9tenues d\u00e9crivant des viols subis pendant les interrogatoires, en particulier des femmes d\u00e9tenues pour des crimes de droit commun qui ne b\u00e9n\u00e9ficiaient d&#8217;aucune visibilit\u00e9 ext\u00e9rieure ou de soutien politique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pour les prisonni\u00e8res ordinaires, personne n&#8217;entend leur voix \u00bb, dit-elle. \u00ab Beaucoup \u00e9taient des femmes pauvres que personne ne prot\u00e9geait. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;une des femmes qu&#8217;elle a rencontr\u00e9es avait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises lors des interrogatoires jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;elle signe des aveux. \u00ab Elle \u00e9tait m\u00e8re de deux enfants \u00bb, pr\u00e9cise Mme Madadzadeh. \u00ab Elle a refus\u00e9 d&#8217;avouer au d\u00e9but, mais apr\u00e8s des viols et des tortures r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, elle a fini par c\u00e9der. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En cellule d&#8217;isolement, elle a instaur\u00e9 des routines pour pr\u00e9server sa sant\u00e9 mentale, comme faire de l&#8217;exercice, r\u00e9viser mentalement ses cours universitaires et se r\u00e9citer des chansons, car elle \u00e9tait priv\u00e9e de livres, de stylos et de papier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J&#8217;essayais de garder mon esprit actif \u00bb, explique-t-elle. \u00ab Car si vous perdez la t\u00eate l\u00e0-bas, vous perdez tout. \u00bb Elle gravait \u00e9galement des marques sur les murs pour compter les jours pass\u00e9s dans la cellule. \u00ab On perd tr\u00e8s vite le sens de la r\u00e9alit\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh a trouv\u00e9 du r\u00e9confort dans le souvenir de ceux qui avaient surv\u00e9cu avant elle, s&#8217;appuyant sur une inscription laiss\u00e9e sur le mur d&#8217;une cellule par un prisonnier c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab C&#8217;est une coutume dans ces prisons que les anciens d\u00e9tenus \u00e9crivent quelque chose sur le mur \u00bb, explique-t-elle. \u00ab Quand je suis entr\u00e9e dans la cellule, j&#8217;ai vu le nom de Saeed Masouri. Voir son nom m&#8217;a donn\u00e9 de la force. Cela m&#8217;a rappel\u00e9 que je n&#8217;\u00e9tais pas la premi\u00e8re \u00e0 vivre cet emprisonnement, et que je ne serais pas la derni\u00e8re, tant que ce r\u00e9gime sera debout. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Saeed Masouri, le plus ancien prisonnier politique d&#8217;Iran, est dans le couloir de la mort depuis plus de 25 ans. Shabnam Madadzadeh a laiss\u00e9 son propre message sur le mur, inscrivant un vers du po\u00e8te persan du XIVe si\u00e8cle, Hafez de Chiraz :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La terre et les cieux ne purent porter ce fardeau de confiance. Pourtant moi, pauvre et inquiet, je fus charg\u00e9 d&#8217;un tel destin. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s 70 jours \u00e0 l&#8217;isolement, elle a \u00e9t\u00e9 formellement condamn\u00e9e \u00e0 cinq ans de prison et transf\u00e9r\u00e9e entre plusieurs \u00e9tablissements, notamment Gohardacht \u00e0 Karadj et la prison de Qarchak \u00e0 Varamin, o\u00f9 elle affirme que les conditions se sont encore d\u00e9grad\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La situation \u00e0 Qarchak \u00e9tait pire qu&#8217;ailleurs \u00bb, dit-elle. \u00ab L&#8217;eau n&#8217;\u00e9tait pas potable. M\u00eame laver ses v\u00eatements avec cette eau les ab\u00eemait presque imm\u00e9diatement. \u00bb La nourriture \u00e9tait pourrie et immangeable. Les prisonni\u00e8res \u00e9taient constamment malades et souffraient de grave malnutrition.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous n&#8217;avions pratiquement jamais de viande \u00bb, raconte-t-elle. \u00ab C&#8217;\u00e9tait surtout du riz et un rago\u00fbt clair. \u00bb Les produits de base devaient \u00eatre achet\u00e9s \u00e0 la boutique de la prison \u00e0 des prix exorbitants, laissant les d\u00e9tenues les plus pauvres d\u00e9pendantes des maigres fournitures carc\u00e9rales. \u00ab Parfois, il y avait du thon en conserve \u00e0 la boutique, peut-\u00eatre une fois par mois, mais beaucoup de prisonni\u00e8res n&#8217;avaient pas les moyens d&#8217;en acheter. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, les soins m\u00e9dicaux \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la prison \u00e9taient inexistants, et le refus de traitements vitaux constituait une autre forme d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de punition. \u00ab Nous ne vous avons pas amen\u00e9es ici pour vous dorloter. Nous vous avons amen\u00e9es ici pour vous torturer \u00bb, lan\u00e7ait le m\u00e9decin de la prison lorsque les d\u00e9tenues suppliaient d&#8217;\u00eatre soign\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Des prisonni\u00e8res sont mortes faute de soins \u00bb, affirme-t-elle. \u00ab Les autorit\u00e9s refusaient de les transf\u00e9rer vers des h\u00f4pitaux. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 une surveillance constante, Mme Madadzadeh a commenc\u00e9 \u00e0 documenter secr\u00e8tement ce dont elle \u00e9tait t\u00e9moin dans le syst\u00e8me carc\u00e9ral. Elle faisait sortir clandestinement des lettres et des t\u00e9moignages lors d&#8217;appels t\u00e9l\u00e9phoniques et de visites familiales. Certains de ces r\u00e9cits ont ensuite atteint des organisations internationales et des groupes de d\u00e9fense des droits humains, dont Amnesty International, qui a cit\u00e9 son cas dans des rapports sur l&#8217;Iran.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les femmes qu&#8217;elle a rencontr\u00e9es en prison figurait Shirin Alam-Hooli, une prisonni\u00e8re politique kurde qui devint l&#8217;une de ses amies les plus proches apr\u00e8s avoir partag\u00e9 sa cellule. Shirin n&#8217;avait pas pu terminer ses \u00e9tudes avant la prison, alors les autres d\u00e9tenues se r\u00e9unissaient pour lui enseigner l&#8217;histoire, la g\u00e9ographie et d&#8217;autres mati\u00e8res. Shirin esp\u00e9rait r\u00e9ussir ses examens \u00e0 l&#8217;avenir, mais ce r\u00eave fut bris\u00e9 lorsqu&#8217;elle fut condamn\u00e9e \u00e0 mort.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je lui disais que cela n&#8217;arriverait pas \u00bb, raconte Mme Madadzadeh. \u00ab Je lui disais que les gens \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur se mobiliseraient pour emp\u00eacher son ex\u00e9cution. Nous faisions des projets pour l&#8217;avenir, imaginant qu&#8217;apr\u00e8s notre lib\u00e9ration, nous voyagerions, nous irions dans les montagnes pr\u00e8s de Tabriz et nous vivrions librement. Elle parlait aussi le turc, ma langue maternelle, alors nous chantions des chansons ensemble. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26279 lazyload\" style=\"aspect-ratio:0.9968537580112643;width:401px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"626\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26279 lazyload\" style=\"aspect-ratio:0.9968537580112643;width:401px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1.jpg 624w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1-75x75.jpg 75w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture3-1-350x350.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><\/noscript><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Shirin Alam-Hooli<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Une nuit, des gardiens sont venus chercher <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2021\/05\/09\/shirin-alam-houli-fleur-du-kurdistan\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Shirin Alam-Hooli<\/a>, pr\u00e9tendant qu&#8217;il y avait un probl\u00e8me avec les documents de son dossier. \u00ab Ils ont ferm\u00e9 toutes les portes de la prison apr\u00e8s l&#8217;avoir emmen\u00e9e \u00bb, dit Mme Madadzadeh. \u00ab Nous avons compris que quelque chose n&#8217;allait pas. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh a attendu toute la nuit son retour, mais elle n&#8217;est jamais revenue. Ce matin-l\u00e0, le 9 mai 2010, Shirin Alam-Hooli a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e par pendaison aux c\u00f4t\u00e9s de quatre autres prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir surv\u00e9cu \u00e0 cinq ans d&#8217;abus, d&#8217;interrogatoires et de conditions de vie extr\u00eames dans les centres de d\u00e9tention les plus sinistres d&#8217;Iran, Shabnam Madadzadeh a finalement \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e. Sa sortie, dit-elle, fut douce-am\u00e8re. \u00ab C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s difficile. Quitter la prison signifiait laisser derri\u00e8re moi tant de personnes auxquelles je tenais. Je me souviens avoir vu les familles d&#8217;autres prisonniers, en particulier des enfants dont les m\u00e8res \u00e9taient encore \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur. C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s dur. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture2-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26276 lazyload\" style=\"width:412px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"468\" height=\"477\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture2-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26276 lazyload\" style=\"width:412px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture2-1.jpg 468w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture2-1-294x300.jpg 294w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture2-1-75x75.jpg 75w\" sizes=\"(max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/noscript><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, elle explique avoir ressenti la lourde responsabilit\u00e9 de continuer \u00e0 d\u00e9noncer les injustices du r\u00e9gime, en \u00e9tant pleinement consciente des cons\u00e9quences. \u00ab Au d\u00e9but, je suis rest\u00e9e en Iran et j&#8217;ai essay\u00e9 de poursuivre mes \u00e9tudes et mon militantisme. Mais j&#8217;\u00e9tais constamment surveill\u00e9e. Ils m&#8217;appelaient pour me rappeler qu&#8217;ils savaient ce que je faisais \u00bb, dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre sortie de prison pour entrer dans une nouvelle forme de prison. J&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 que je ne pouvais pas continuer ainsi, alors j&#8217;ai quitt\u00e9 l&#8217;Iran. Je n&#8217;ai pas d&#8217;abord cherch\u00e9 une vie meilleure, mais la possibilit\u00e9 de poursuivre mon travail et de t\u00e9moigner de ce que j&#8217;avais vu. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh vit aujourd&#8217;hui en Suisse, o\u00f9 elle collabore avec des organisations, dont les Nations unies, pour sensibiliser l&#8217;opinion aux violations des droits humains en Iran. Elle n&#8217;a presque plus de contact avec sa famille rest\u00e9e dans le pays, celle-ci ayant \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e et interrog\u00e9e pour avoir communiqu\u00e9 avec elle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab C&#8217;est un sacrifice que je suis pr\u00eate \u00e0 faire \u00bb, dit-elle. \u00ab Quand j&#8217;ai quitt\u00e9 l&#8217;Iran, ce n&#8217;\u00e9tait pas pour ma libert\u00e9 personnelle ou mon confort. C&#8217;\u00e9tait un engagement \u00e0 poursuivre ce travail. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture4-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26275 lazyload\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"468\" height=\"351\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture4-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26275 lazyload\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture4-1.jpg 468w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture4-1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/noscript><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Alors que le conflit s&#8217;enlise et que les civils iraniens subissent de plein fouet les menaces, j&#8217;ai demand\u00e9 \u00e0 Shabnam Madadzadeh si une r\u00e9volution int\u00e9rieure est possible, ou si une action militaire ext\u00e9rieure est le seul moyen de renverser le r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les gens souffrent. Personne ne veut que son pays soit bombard\u00e9. Cette id\u00e9e n&#8217;est pas r\u00e9aliste. Les gens veulent le changement, mais pas par la destruction de leur propre pays \u00bb, affirme-t-elle. \u00ab Rien de significatif n&#8217;est arriv\u00e9 ces derniers mois. Des figures cl\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es, mais le r\u00e9gime reste fort. Je crois que le v\u00e9ritable changement viendra de l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;Iran, du peuple et d&#8217;une r\u00e9sistance organis\u00e9e. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Madadzadeh appelle la communaut\u00e9 internationale \u00e0 s&#8217;impliquer davantage pour condamner les ex\u00e9cutions, les arrestations et les coupures d&#8217;Internet qui se poursuivent en Iran. \u00ab Les gouvernements devraient faire plus que publier des communiqu\u00e9s. Ils devraient prendre des mesures r\u00e9elles pour faire pression sur le r\u00e9gime, y compris des mesures \u00e9conomiques et diplomatiques, afin de stopper les ex\u00e9cutions et les violations des droits humains. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ils peuvent faire beaucoup plus. Ils peuvent fermer les ambassades et cesser leurs accords avec le r\u00e9gime. Ils devraient inclure la question des droits humains dans les n\u00e9gociations. Il y a de nombreux prisonniers politiques actuellement menac\u00e9s d&#8217;ex\u00e9cution. Certains sont tr\u00e8s jeunes. Nous ne connaissons m\u00eame pas tous leurs noms. Je demande aux gens de parler d&#8217;eux et de sensibiliser l&#8217;opinion, car cela peut aider \u00e0 sauver des vies. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture5-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26277 lazyload\" style=\"width:324px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"468\" height=\"624\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture5-1.jpg\" alt=\"T\u00e9moignage : Shabnam Madadzadeh d\u00e9voile l'enfer des prisons en Iran\" class=\"wp-image-26277 lazyload\" style=\"width:324px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture5-1.jpg 468w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Picture5-1-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/noscript><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 10 mai 2026, le Daily Mail a publi\u00e9 un entretien avec Shabnam Madadzadeh, ancienne prisonni\u00e8re politique, membre de l\u2019Organisation des Moudjahidines du Peuple d\u2019Iran (OMPI) et militante des droits humains. L&#8217;entretien a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 par Eliana Silver, grand reporter pour le service \u00e9tranger. Lors de cet \u00e9change, Shabnam Madadzadeh revient sur son calvaire dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":26278,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"format":"standard"},"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8,3],"tags":[370],"class_list":["post-26272","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-infos-des-femmes","tag-prisonnieres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26272","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26272"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26272\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26280,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26272\/revisions\/26280"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}