{"id":26267,"date":"2026-05-14T20:29:06","date_gmt":"2026-05-14T18:29:06","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=26267"},"modified":"2026-05-14T20:29:08","modified_gmt":"2026-05-14T18:29:08","slug":"prison-evin-execution-atiyeh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2026\/05\/14\/prison-evin-execution-atiyeh\/","title":{"rendered":"Une jeune vie fauch\u00e9e par amour de la libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9moires de prison d\u2019Azam Haji-Heydari, extraits de l\u2019ouvrage Le prix d\u2019\u00eatre humain : sixi\u00e8me partie<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Dans ce nouveau volet de ses m\u00e9moires de prison publi\u00e9s dans Le prix d\u2019\u00eatre humain, Azam Haji-Heydari relate sa rencontre avec Atiyeh Moharrer Khansari et partage ses souvenirs d\u2019elle ainsi que de la Dr Masoumeh Karimian.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 l&#8217;\u00e9poque, Azam \u00e9tait une jeune enseignante d&#8217;une vingtaine d&#8217;ann\u00e9es engag\u00e9e dans la lutte pour la libert\u00e9. Elle a pass\u00e9 cinq ans incarc\u00e9r\u00e9e au centre de d\u00e9tention de la justice, ainsi que dans les prisons d&#8217;Evin, de Ghezel Hessar et de Gohardacht, o\u00f9 elle a subi de rudes tortures aux mains des Gardiens de la r\u00e9volution.<\/h4>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une \u00e2me trop belle pour leur prison<\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait en septembre 1981, alors que j\u2019\u00e9tais d\u00e9tenue dans <a href=\"https:\/\/iranhrs.org\/%d8%a7%d8%b2-%d8%a8%d9%86%d8%af%d8%a2%d8%b3%d8%a7%db%8c%d8%b4%da%af%d8%a7%d9%87-%db%8c%d8%a7-%d8%a8%d9%86%d8%af-%db%b2%db%b4%db%b0%d8%8c-%d9%85%d8%b1%d9%85%d9%88%d8%b2%d8%aa%d8%b1%db%8c%d9%86-%d9%88\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019ancien quartier 240<\/a> de la prison d\u2019Evin. Je venais d\u2019arriver et je ne connaissais pas encore beaucoup de femmes sur place.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, la porte du quartier s\u2019est ouverte et une grande jeune fille de seize ou dix-sept ans est entr\u00e9e. Elle avait un visage d\u2019une beaut\u00e9 et d\u2019une douceur frappantes, mais il \u00e9manait \u00e9galement d\u2019elle une dignit\u00e9 et une d\u00e9termination ind\u00e9niables. Malgr\u00e9 sa jeunesse, son allure \u00e9tait si pos\u00e9e et assur\u00e9e que tout le monde fut instinctivement attir\u00e9 vers elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019ai observ\u00e9e quelques instants, puis je me suis lev\u00e9e pour me pr\u00e9senter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cComment t&#8217;appelles-tu? \u201c, lui ai-je demand\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Tahereh-Moharrer-Khansari-min.jpg\" alt=\"Entr\u00e9e dans le quartier : Atiyeh Moharrer Khansari, une combattante issue d\u2019une famille ais\u00e9e\" class=\"wp-image-24333 lazyload\" style=\"width:564px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"375\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Tahereh-Moharrer-Khansari-min.jpg\" alt=\"Entr\u00e9e dans le quartier : Atiyeh Moharrer Khansari, une combattante issue d\u2019une famille ais\u00e9e\" class=\"wp-image-24333 lazyload\" style=\"width:564px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Tahereh-Moharrer-Khansari-min.jpg 750w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Tahereh-Moharrer-Khansari-min-300x150.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Tahereh-Moharrer-Khansari-min-360x180.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/noscript><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Avec un sourire chaleureux, elle a r\u00e9pondu doucement : \u201c <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/11\/01\/atiyeh-moharrer-khansari-atiyeh\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Atiyeh Moharrer Khansari<\/a> \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c Es-tu la s\u0153ur de Tahereh ? \u201c<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cOui \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souvenais l\u2019avoir aper\u00e7ue une ou deux fois avec sa s\u0153ur, Tahereh Moharrer Khansari, bien qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque elle m\u2019ait sembl\u00e9 beaucoup plus jeune.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c Pourquoi as-tu \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e ? \u201c, ai-je poursuivi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c Pour avoir aim\u00e9 la libert\u00e9 \u201c, a-t-elle r\u00e9pondu.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai ri et j\u2019ai dit : \u201c C\u2019est un point que nous avons en commun \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a d\u00e9sign\u00e9 les autres femmes du quartier et a ajout\u00e9 : \u201c C\u2019est ce que nous avons toutes en commun \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par sa vivacit\u00e9 d&#8217;esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c Comment as-tu \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e ? \u201c<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a soupir\u00e9 : \u201c Par mon p\u00e8re. Quand je suis rentr\u00e9e \u00e0 la maison, il m\u2019a livr\u00e9e aux gardiens \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai alors confi\u00e9 : \u201c Nous partageons une autre chose, et bien am\u00e8re : c\u2019est mon propre fr\u00e8re qui m\u2019a d\u00e9nonc\u00e9e \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019a d\u00e9but\u00e9 mon amiti\u00e9 avec Atiyeh. Je me sentais profond\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 elle, non seulement \u00e0 cause de notre exp\u00e9rience commune de trahison familiale, mais aussi en raison de son caract\u00e8re extraordinaire et de sa force int\u00e9rieure. Atiyeh \u00e9tait v\u00e9ritablement exceptionnelle. Sa gentillesse, sa compassion et son altruisme faisaient d\u2019elle, malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, une source de soutien pour de nombreuses prisonni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le quartier o\u00f9 nous \u00e9tions enferm\u00e9es ne comptait que trois pi\u00e8ces. L&#8217;une, pr\u00e8s de l&#8217;entr\u00e9e, \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux monarchistes, avec qui les gardiens nous interdisaient d&#8217;interagir. Les autres prisonni\u00e8res politiques, environ 150 femmes au total, \u00e9taient entass\u00e9es dans les deux autres pi\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans de telles conditions, chaque aspect de la vie quotidienne, qu&#8217;il s&#8217;agisse de se laver le visage, d&#8217;utiliser les toilettes ou de trouver une place pour dormir, devenait un d\u00e9fi. Les situations de ce genre r\u00e9v\u00e8lent le v\u00e9ritable caract\u00e8re d&#8217;une personne. Elles exigent la capacit\u00e9 de faire passer les besoins d&#8217;autrui avant les siens.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui rendait le temp\u00e9rament calme, patient et in\u00e9branlable de cette jeune fille de 17 ans si remarquable. Parall\u00e8lement, sa col\u00e8re farouche envers les gardiens, les collaborateurs et les informateurs, ainsi que son engagement ind\u00e9fectible dans la lutte, suscitaient l&#8217;admiration.<\/p>\n\n\n\n<p>Atiyeh s&#8217;occupait de ses cod\u00e9tenues comme une m\u00e8re aimante. Elle r\u00e9pondait \u00e0 leurs besoins \u00e9motionnels et pratiques. Elle aidait les personnes \u00e2g\u00e9es ou physiquement affaiblies, mettant souvent de c\u00f4t\u00e9 ses propres n\u00e9cessit\u00e9s pour soigner les autres. Celles qui se sentaient seules trouvaient du r\u00e9confort dans ses bras et son affection. \u00c0 bien des \u00e9gards, elle semblait bien plus \u00e2g\u00e9e et plus sage que son \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque des prisonni\u00e8res de la prison de la justice, dont moi-m\u00eame, ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 Evin, les conditions sanitaires atroces ont introduit les poux et les maladies de peau dans la prison. Atiyeh aidait patiemment les femmes qui souffraient. Elle disait : \u201c Cela me donne de la joie de faire quelque chose pour mes amies \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, elle passait une matin\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 retirer les poux, un par un, de la chevelure d&#8217;autres prisonni\u00e8res, ces parasites qui \u00e9taient eux-m\u00eames le produit des conditions carc\u00e9rales du r\u00e9gime. Tout en travaillant, elle embrassait leur t\u00eate et disait : \u201c Ce sont les moments les plus doux de ma vie \u201c. Elle aimait les femmes qui l\u2019entouraient de tout son c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Atiyeh partait en interrogatoire et en revenait avec un calme \u00e9tonnant. Telle une combattante aguerrie, elle ne se plaignait jamais de ce qu&#8217;elle avait subi. Au contraire, elle semblait revenir encore plus vibrante et pleine de vie. Il se d\u00e9gageait d\u2019elle une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui me donnait de la force d\u00e8s que je regardais son visage. Sa dignit\u00e9 et son courage me remplissaient de fiert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ressemblait beaucoup \u00e0 sa s\u0153ur, Tahereh Moharrer Khansari, qui avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e par les tirs des gardiens dans la rue durant les premi\u00e8res semaines suivant le 20 juin 1981, et qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e plus tard sous la torture \u00e0 la prison d\u2019Evin. Atiyeh incarnait la discipline, la tendresse et l&#8217;amour des autres. Elle \u00e9tait un foyer de compassion et de force.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019ex\u00e9cution<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Certaines r\u00e9alit\u00e9s sont presque impossibles \u00e0 accepter. L\u2019ex\u00e9cution d\u2019Atiyeh fut l\u2019une d\u2019entre elles. Toutes, dans ce quartier, nous cherchions des raisons de ne pas y croire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne pouvait pas \u00eatre vrai.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9tait si jeune. Elle n\u2019avait rien fait. Il n\u2019y avait rien dans son dossier. Quelques jours seulement s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis son arrestation.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 minuit, le 15 septembre 1981, ils ont appel\u00e9 le nom d\u2019Atiyeh pour un interrogatoire. Mon c\u0153ur s&#8217;est presque arr\u00eat\u00e9. Et s&#8217;ils l&#8217;emmenaient pour l&#8217;ex\u00e9cuter ? En un instant, le quartier est tomb\u00e9 dans le silence, bien que chacune tentait de se convaincre qu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un \u00e9ni\u00e8me interrogatoire.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s qu\u2019elle a franchi la porte, mon c\u0153ur a battu la chamade. Je fixais la porte, bondissant chaque fois qu&#8217;elle s&#8217;ouvrait. Je comptais chaque seconde, priant pour que le battant s&#8217;ouvre et qu&#8217;Atiyeh apparaisse dans l&#8217;embrasure. Mais elle n&#8217;est pas revenue.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quatre heures du matin, le bruit assourdissant des tirs de mitrailleuses a d\u00e9chir\u00e9 le silence d\u2019Evin. J&#8217;avais l&#8217;impression que les balles \u00e9taient tir\u00e9es directement dans mon c\u0153ur. Le quartier tout entier a \u00e9t\u00e9 plong\u00e9 dans le deuil. Nous ignorions combien de personnes avaient \u00e9t\u00e9 conduites devant les pelotons d&#8217;ex\u00e9cution cette nuit-l\u00e0. Le silence a envahi l&#8217;air. Mon c\u0153ur semblait remonter dans ma gorge.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous attendions les coups de gr\u00e2ce. Quand ils ont commenc\u00e9, chacune de nous comptait int\u00e9rieurement, les larmes nou\u00e9es \u00e0 la gorge.<\/p>\n\n\n\n<p>Un\u2026 deux\u2026 trois\u2026<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Les coups isol\u00e9s se sont poursuivis.<\/h5>\n\n\n\n<p>Cette nuit-l\u00e0, ils ont atteint le nombre de soixante.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis le silence est revenu. Une de ces balles avait-elle \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e dans la t\u00eate de ma ch\u00e8re Atiyeh ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je criais int\u00e9rieurement : \u201c Dieu, quel \u00e9tait son crime ? \u00c9tait-ce simplement d\u2019avoir aim\u00e9 la libert\u00e9 ? \u201c. Pour ces hommes assoiff\u00e9s de sang, cela seul suffisait. Je me suis souvenue des paroles d&#8217;Atiyeh. Oui, le lien commun entre ces soixante personnes et les centaines d&#8217;autres ex\u00e9cut\u00e9es les autres nuits \u00e9tait leur amour pour la libert\u00e9, un amour si profond qu&#8217;elles \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 le payer de leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, quelque part dans le quartier, le silence \u00e9crasant a \u00e9t\u00e9 bris\u00e9 par l\u2019hymne des Moudjahedines. Aussit\u00f4t, tout le monde a repris en ch\u0153ur :<\/p>\n\n\n\n<p>Moudjahed ! Moudjahed !<\/p>\n\n\n\n<p>Moudjahed, par le commandement de ton Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Moudjahed, reste fid\u00e8le \u00e0 ton pacte.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu es le foyer des espoirs du peuple,<\/p>\n\n\n\n<p>Tu es la flamme \u00e9clairant son avenir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le chant a pris fin, nous nous sommes serr\u00e9es les unes contre les autres, nous nous sommes embrass\u00e9es et avons raval\u00e9 nos larmes. Mais je suis rest\u00e9e \u00e9veill\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;aube. Allong\u00e9e \u00e0 ma place, je ne pouvais dormir. Un infime espoir vacillait encore en moi : Atiyeh pouvait peut-\u00eatre revenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, j&#8217;ai senti une main sur mon \u00e9paule. C&#8217;\u00e9tait Shouri, qui dormait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cAzam, tu es r\u00e9veill\u00e9e? \u201c, a-t-elle chuchot\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c J&#8217;attends Atiyeh \u201c, ai-je dit. \u201c Elle n&#8217;est toujours pas revenue \u201c.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Shurangiz-Karimian-1.jpg\" alt=\"Dr. Massoumeh Karimian (Chourangiz)\" class=\"wp-image-16326 lazyload\" style=\"width:585px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"375\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Shurangiz-Karimian-1.jpg\" alt=\"Dr. Massoumeh Karimian (Chourangiz)\" class=\"wp-image-16326 lazyload\" style=\"width:585px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Shurangiz-Karimian-1.jpg 750w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Shurangiz-Karimian-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Shurangiz-Karimian-1-360x180.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/noscript><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Dr. Massoumeh Karimian (Chourangiz)<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/10\/02\/face-a-face-avec-la-bete-19\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Shouri<\/a> et moi sommes rest\u00e9es \u00e9veill\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 six heures du matin, les yeux fix\u00e9s sur la porte. Mais il n&#8217;y avait aucun signe d&#8217;Atiyeh.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, brusquement, la porte s&#8217;est ouverte. Pendant un instant, j&#8217;ai cru que c&#8217;\u00e9tait elle. J&#8217;ai bondi et j&#8217;ai couru vers l&#8217;entr\u00e9e avec joie. Mais ce n&#8217;\u00e9tait pas Atiyeh. C&#8217;\u00e9tait sa ni\u00e8ce, qui avait \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9e avec elle. \u00c0 cet instant, j&#8217;ai su avec certitude qu&#8217;Atiyeh avait \u00e9t\u00e9 l&#8217;une des soixante victimes de la nuit. Malgr\u00e9 tout, j&#8217;ai demand\u00e9 : \u201c O\u00f9 est Atiyeh ? \u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est rest\u00e9e silencieuse un moment, le regard perdu au loin. Puis elle a dit :<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c Atiyeh a chant\u00e9 l\u2019hymne des Moudjahedines, et elle est all\u00e9e \u00e0 la mort. \u201c<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1 Atiyeh Moharrer Khansari est n\u00e9e en 1963 \u00e0 Ispahan. Elle avait 18 ans au moment de son ex\u00e9cution. Une autre prisonni\u00e8re politique a \u00e9crit \u00e0 propos de la nuit de son ex\u00e9cution : \u201c Quand ils ont appel\u00e9 son nom, j&#8217;ai su qu&#8217;elle ne reviendrait jamais. En partant, elle a dit : \u201cPardonnez-moi\u201d. Je lui ai r\u00e9pondu : \u201cNe dis pas \u00e7a. Tu vas revenir\u201d. Elle a r\u00e9pliqu\u00e9 : \u201cJe ne pense pas\u201d. \u201c<\/p>\n\n\n\n<p>2 Dans ses derniers instants, elle a dit \u00e0 son ex\u00e9cuteur, Mohammad Mohammadi Gilani : \u201c Je n&#8217;ai m\u00eame pas encore \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e. Je ne peux pas croire que vous allez m&#8217;ex\u00e9cuter. \u201c Gilani a r\u00e9pondu : \u201c Dans deux heures, tu y croiras. \u201c<\/p>\n\n\n\n<p>3 La martyre Moudjahedine, la Dr Masoumeh Karimian, surnomm\u00e9e Shourangiz ou simplement Shouri par de nombreuses d\u00e9tenues, fut l\u2019un des grands symboles de la r\u00e9sistance dans les prisons de Khomeiny, d&#8217;apr\u00e8s des dizaines de t\u00e9moignages.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9e \u00e0 Kerbala, elle aurait effectu\u00e9 ses \u00e9tudes de chirurgie orthop\u00e9dique en Allemagne. Elle a travaill\u00e9 pour la soci\u00e9t\u00e9 du Croissant-Rouge iranien et a \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9e de 1981 jusqu&#8217;au massacre des prisonniers politiques de 1988.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 30 ans, comptant parmi les 30 000 prisonniers Moudjahedines tu\u00e9s lors du massacre de 1988.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9moires de prison d\u2019Azam Haji-Heydari, extraits de l\u2019ouvrage Le prix d\u2019\u00eatre humain : sixi\u00e8me partie Dans ce nouveau volet de ses m\u00e9moires de prison publi\u00e9s dans Le prix d\u2019\u00eatre humain, Azam Haji-Heydari relate sa rencontre avec Atiyeh Moharrer Khansari et partage ses souvenirs d\u2019elle ainsi que de la Dr Masoumeh Karimian. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, Azam \u00e9tait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":26273,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"format":"standard"},"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[432],"tags":[],"class_list":["post-26267","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-heroines-enchainees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26267"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26274,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26267\/revisions\/26274"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26273"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}