{"id":25599,"date":"2026-02-15T21:38:17","date_gmt":"2026-02-15T20:38:17","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=25599"},"modified":"2026-02-15T21:42:15","modified_gmt":"2026-02-15T20:42:15","slug":"liberte-de-prison-mehri-hajinejad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2026\/02\/15\/liberte-de-prison-mehri-hajinejad\/","title":{"rendered":"Libert\u00e9 de prison"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9moires de prison de Mehri Hajinejad extraits du livre Le dernier sourire de Leila \u00a0&#8211; Derni\u00e8re partie<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Dans le dernier volet des <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/10\/23\/mehri-hajinejad-larrestation-devin\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">m\u00e9moires de prison<\/a> de Mehri Hajinejad, publi\u00e9s dans le livre, Le dernier sourire de Leila, l\u2019auteure, alors lyc\u00e9enne, raconte le moment de sa libert\u00e9 de prison.<\/h4>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Emm\u00e8ne-moi, douce esp\u00e9rance<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un jour de printemps 1986, ils ont lu les noms de vingt prisonni\u00e8res, dont le mien, et nous ont ordonn\u00e9 de nous pr\u00e9parer pour un transfert vers la <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2021\/12\/10\/les-conditions-des-femmes-prisons\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">prison d\u2019Evin<\/a>. Lorsque nous avons demand\u00e9 pourquoi, ils ont r\u00e9pondu que nous approchions de la fin de nos peines et que nous serions envoy\u00e9es \u00e0 Evin pour accomplir les formalit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 notre libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce jour-l\u00e0 fut l\u2019un des plus difficiles de ma vie. Il \u00e9tait environ quatre ou cinq heures de l\u2019apr\u00e8s-midi lorsque j\u2019ai d\u00fb dire adieu \u00e0 toutes celles que j\u2019aimais. Je me sentais suspendue dans un entre-deux, entre la vie et la mort. Je ne cessais de me demander : si je suis lib\u00e9r\u00e9e mais que je ne parviens pas \u00e0 reprendre contact avec <a href=\"https:\/\/www.maryam-rajavi.com\/fr\/lompi-un-tresor-national-de-lhistoire-de-liran\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019Organisation<\/a>, que vais-je faire ? Au moins en prison, j\u2019\u00e9tais parmi mes camarades, face \u00e0 l\u2019ennemi. Mais dehors, qu\u2019est-ce qui m\u2019attendait ? Les instants d\u2019adieu \u00e9taient insupportables. Je me sentais comme un poisson rejet\u00e9 hors de l\u2019eau, se d\u00e9battant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment pour retrouver la mer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En faisant mes adieux \u00e0 chacune des femmes, une seule phrase passait entre nous. Je disais : \u00ab Je ne reste pas. Je franchirai bient\u00f4t les montagnes blanches. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>C\u2019\u00e9tait l\u2019expression que nous utilisions pour celles qui parvenaient \u00e0 passer la fronti\u00e8re.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chacune avait son message, sa demande. L\u2019une m\u2019a donn\u00e9 un code en me demandant de le conserver comme son identifiant radio, ajoutant : \u00ab Peut-\u00eatre qu\u2019un jour, moi aussi, je r\u00e9ussirai \u00e0 sortir. \u00bb Une autre m\u2019a dit : \u00ab Transmets mes salutations aux autres. \u00bb L\u2019une m\u2019a exhort\u00e9e \u00e0 ne pas perdre une seule minute une fois libre. Une autre encore a insist\u00e9 : \u00ab Si tu restes \u00e0 Evin, fais-nous le savoir d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En me retournant, j\u2019ai vu les regards des filles, remplis d\u2019affection et brillants de la joie de la libert\u00e9, et j\u2019ai senti que chaque regard d\u00e9posait sur mes \u00e9paules un poids suppl\u00e9mentaire de responsabilit\u00e9. Combien de jours et de nuits avions-nous travers\u00e9s ensemble\u2026 Mais finalement, l\u2019heure de la s\u00e9paration d\u2019avec mes compagnes est arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec des prisonni\u00e8res d\u2019autres quartiers, nous avons \u00e9t\u00e9 conduites dans un bus. J\u2019ai pleur\u00e9 tout le trajet. Les visages innocents de mes camarades ne quittaient pas mon esprit : les yeux malicieux et impatients de Forouzan ; le regard chaleureux et affectueux de <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/10\/09\/face-a-face-avec-la-bete-21-hengameh-haj\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Shekar Mohammadzadeh<\/a> ; les encouragements fermes et s\u00e9rieux d\u2019Azam ; le code radio de Firoozeh et son espoir de retrouvailles ; et le po\u00e8me que Soheila Mokhtarzadeh<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> m\u2019a r\u00e9cit\u00e9 dans nos derniers instants ensemble :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand tu franchiras ce d\u00e9sert de terreur,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et que tu le traverseras en s\u00e9curit\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers les fleurs, vers la pluie,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Porte nos salutations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes arriv\u00e9es \u00e0 la prison d\u2019Evin \u00e0 neuf heures du soir. D\u2019abord, ils nous ont conduites au <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2021\/12\/10\/les-conditions-des-femmes-prisons\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">quartier 209<\/a>, puis le lendemain, nous avons \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tage inf\u00e9rieur, au quartier 4. Lorsque nous sommes entr\u00e9es dans le quartier, il n\u2019y avait personne. C\u2019\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment ce quartier qui avait autrefois abrit\u00e9 plus de six cents prisonni\u00e8res, d\u00e9sormais totalement vide. Ses d\u00e9tenues avaient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es au quartier 1, aux nouvelles cellules de la section 325 et \u00e0 la <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2026\/01\/19\/gohardacht-et-de-qezel-hessar\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">prison de Gohardasht<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin du 26 avril 1986, \u00e0 dix heures, un gardien nomm\u00e9 Rahimi a appel\u00e9 mon nom et celui de quelques autres par haut-parleur et nous a ordonn\u00e9 de nous rendre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du quartier. Lorsque nous sommes arriv\u00e9es, il a dit : \u00ab Prenez vos affaires et venez. \u00bb M\u00eame \u00e0 ce moment-l\u00e0, il ne nous a pas dit que nous \u00e9tions lib\u00e9r\u00e9es, pour que nous n\u2019osions pas nous r\u00e9jouir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons fait nos adieux aux filles, rassembl\u00e9 nos maigres affaires et pris le d\u00e9part. On nous a band\u00e9 les yeux. Une gardienne a saisi la main de la premi\u00e8re d\u2019entre nous, et nous l\u2019avons suivie en file indienne. Au quartier 216, ils nous ont de nouveau fouill\u00e9es, ainsi que toutes nos affaires. Peu \u00e0 peu, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 croire que nous allions r\u00e9ellement \u00eatre lib\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers deux heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, dans le b\u00e2timent du parquet, on a appel\u00e9 mon nom. La gardienne Sa\u2019adati a attrap\u00e9 le bord de mon tchador et m\u2019a tir\u00e9e dans une pi\u00e8ce remplie de dossiers et de papiers. L\u00e0, j\u2019ai entendu une voix rude dire : \u00ab Soul\u00e8ve ton bandeau juste assez pour voir le document. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai aper\u00e7u un papier sign\u00e9 par trois personnes se portant garantes pour moi. L\u2019un \u00e9tait mon oncle, un autre une connaissance, et le troisi\u00e8me un homme nomm\u00e9 Mohsen que je ne connaissais pas. En plus de ces trois garants, ils avaient exig\u00e9 trois millions de tomans de caution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma pauvre m\u00e8re a d\u00fb aller de porte en porte, s\u2019\u00e9puisant pour trouver ces garants et r\u00e9unir l\u2019argent et les garanties n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai sign\u00e9 le document de lib\u00e9ration. Ils m\u2019ont \u00e9galement fait signer un autre engagement m\u2019obligeant \u00e0 me pr\u00e9senter au comit\u00e9 local toutes les deux semaines, en me pr\u00e9venant que le moindre faux pas me renverrait en prison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 quatre heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, ils nous ont fait monter dans un bus et nous ont conduites hors des portes de la prison d\u2019Evin. En franchissant l\u2019immense portail de fer, la derni\u00e8re porte de la prison, un sbire du r\u00e9gime qui l\u2019avait ouvert a lanc\u00e9 avec m\u00e9pris : \u00ab Allez-y. Dans peu de temps, vous serez toutes de retour. Vous \u00eates toutes des hypocrites. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Instinctivement, avec une certitude absolue, j\u2019ai r\u00e9pondu : \u00ab Impossible. Nous ne reviendrons jamais ici. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les instants qui ont suivi ma sortie d\u2019Evin furent \u00e9tranges et troublants. Un profond sentiment d\u2019ali\u00e9nation s\u2019est empar\u00e9 de moi. Je me sentais intens\u00e9ment seule, sans savoir quoi faire ensuite. En marchant, j\u2019avais l\u2019impression que des centaines de regards en attente, ceux que j\u2019avais laiss\u00e9s derri\u00e8re moi \u00e0 Ghezel Hessar et \u00e0 Evin, se tournaient vers moi, me pressant d\u2019avancer : Mahboubeh, ne t\u2019arr\u00eate pas ! Va ! Ce n\u2019est pas ta place ici.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des centaines de murmures d\u2019encouragement r\u00e9sonnaient \u00e0 mes oreilles : quoi qu\u2019il arrive, tu dois y parvenir. Souviens-toi, tu nous repr\u00e9sentes aussi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un violent mal de t\u00eate me donnait la naus\u00e9e, et je marchais \u00e0 peine. Le bus nous a d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 Luna Park.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En simples sandales, envelopp\u00e9e dans un tchador noir, portant un sac de toile grossi\u00e8re contenant quelques v\u00eatements, des objets divers et des souvenirs de prison, je suis rest\u00e9e au bord de la rue, me demandant quelle direction prendre. J\u2019\u00e9tais d\u00e9sorient\u00e9e, comme priv\u00e9e m\u00eame de mon sens de l\u2019orientation. Tout autour de moi paraissait \u00e9tranger, distant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les ruelles et les rues, les gens, les murs, le bruit, tout \u00e9tait l\u00e0. Pourtant, au milieu de tout cela, une seule chose demeurait la plus proche de mes yeux et de mon esprit : les images de la prison et les souvenirs des filles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Perdue dans mes pens\u00e9es, j\u2019ai soudain vu, presque sans y croire, dix ou quinze personnes marcher vers moi. Elles \u00e9taient venues m\u2019accueillir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi elles, je n\u2019ai reconnu que ma m\u00e8re et mon cher oncle. Les autres \u00e9taient des voisins et des amis venus, par respect et par affection pour les Moudjahidine, me chercher. Je les ai tous embrass\u00e9s avec \u00e9motion. Mohsen, notre voisin, avait amen\u00e9 son minibus, et nous y sommes mont\u00e9s ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel tumulte d\u2019\u00e9motions m\u2019habitait. Tous \u00e9taient heureux. J\u2019\u00e9tais heureuse de les voir moi aussi, mais en moi la temp\u00eate faisait rage. Une pression \u00e9crasante pesait sur moi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville me paraissait sans vie, froide. Il ne restait aucune trace de la pr\u00e9sence vibrante des jeunes hommes et femmes locaux de l\u2019OMPI qui, tels la ros\u00e9e sur les fleurs, avaient autrefois apport\u00e9 fra\u00eecheur aux rues de T\u00e9h\u00e9ran. Pour cette raison, je n\u2019avais aucune envie de regarder la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il \u00e9tait sept heures du soir lorsque nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 notre maison charg\u00e9e de souvenirs, une maison que j\u2019avais quitt\u00e9e avant juin et o\u00f9, \u00e0 mon retour, aucun de mes proches n\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent. J\u2019\u00e9tais compl\u00e8tement seule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En chemin, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 que d\u00e8s mon arriv\u00e9e, j\u2019\u00e9couterais d\u2019abord la Voix des <a href=\"https:\/\/www.maryam-rajavi.com\/fr\/lompi-un-tresor-national-de-lhistoire-de-liran\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Moudjahidine<\/a> \u00e0 la radio. Ainsi, au moins, je pourrais me reconnecter et retrouver ma voie. Lorsque j\u2019ai r\u00e9gl\u00e9 la radio sur la bonne fr\u00e9quence, la toute premi\u00e8re chose que j\u2019ai entendue fut cette chanson :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emm\u00e8ne-moi, emm\u00e8ne-moi, douce esp\u00e9rance,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emm\u00e8ne-moi vers la cit\u00e9 des po\u00e8mes et des passions,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes attir\u00e9s vers un chemin constell\u00e9 d\u2019\u00e9toiles,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes port\u00e9s au-del\u00e0 des \u00e9toiles\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me sentais comme un d\u00e9sert assoiff\u00e9, buvant cette voix douce goutte \u00e0 goutte, tout en ayant encore plus soif \u00e0 chaque gorg\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s des ann\u00e9es, j\u2019entendais enfin de nouveau la Voix des Moudjahidine. Malgr\u00e9 tous les gr\u00e9sillements qui brouillaient le signal, je pouvais l\u2019entendre, comme un voyageur assoiff\u00e9 qui, apr\u00e8s des kilom\u00e8tres, atteint enfin l\u2019eau. C\u2019\u00e9tait une voix m\u00eal\u00e9e \u00e0 tous mes espoirs et \u00e0 tous mes \u00e9lans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois encore, je sentais autour de moi les regards vigilants de mes camarades emprisonn\u00e9es. Leurs derniers conseils r\u00e9sonnaient dans mon esprit, et la voix de Soheila vibrait \u00e0 mes oreilles :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand tu franchiras ce d\u00e9sert de terreur,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et que tu le traverseras en s\u00e9curit\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers les fleurs, vers la pluie,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Porte nos salutations.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Soheila Mokhtarzadeh a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran avant le 20 juin 1981, uniquement pour avoir soutenu l\u2019Organisation des Moudjahidine du peuple d\u2019Iran (OMPI). Elle a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e de prison en 1986, mais alors qu\u2019elle tentait de quitter l\u2019Iran, elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e de nouveau. Cette fois-ci, elle a subi des tortures bien plus brutales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soheila Mokhtarzadeh a finalement \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e le 28 janvier 1987, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de seulement 23 ans. Avant elle, sa s\u0153ur h\u00e9ro\u00efque, Sara Mokhtarzadeh, avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e sous la torture le 22 novembre 1981.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9moires de prison de Mehri Hajinejad extraits du livre Le dernier sourire de Leila \u00a0&#8211; Derni\u00e8re partie Dans le dernier volet des m\u00e9moires de prison de Mehri Hajinejad, publi\u00e9s dans le livre, Le dernier sourire de Leila, l\u2019auteure, alors lyc\u00e9enne, raconte le moment de sa libert\u00e9 de prison. 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