{"id":24574,"date":"2025-11-29T21:07:51","date_gmt":"2025-11-29T20:07:51","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=24574"},"modified":"2025-11-29T21:07:52","modified_gmt":"2025-11-29T20:07:52","slug":"femmes-resilientes-mere-abi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/11\/29\/femmes-resilientes-mere-abi\/","title":{"rendered":"M\u00e8re Abi : visages de femmes r\u00e9silientes en captivit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9moires de Mehri Hajinejad tir\u00e9es de \u201cLe dernier rire de Leila\u201d \u2014 Partie dix<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/11\/26\/esprit-de-resistance-lettres-prison-mehri\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">section pr\u00e9c\u00e9dente<\/a>, Mehri Hajinejad pr\u00e9sentait d\u2019autres femmes r\u00e9silientes dont le courage avait marqu\u00e9 ses premi\u00e8res ann\u00e9es de prison, de jeunes d\u00e9tenues qui, malgr\u00e9 des tortures incessantes, conservaient leur dignit\u00e9, leur foi et la conviction que leur lutte avait un sens. \u00c0 travers chaque histoire, elle r\u00e9v\u00e9lait non seulement la brutalit\u00e9 des interrogateurs du r\u00e9gime, mais aussi la force silencieuse et indestructible qui habitait ces femmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette nouvelle partie, elle se tourne vers le souvenir d\u2019une femme que tout le monde dans le quartier appelait \u00ab M\u00e8re Abi \u00bb (la M\u00e8re aux yeux bleus), une figure imposante de tendresse et de d\u00e9fi dont la pr\u00e9sence offrait un refuge aux prisonni\u00e8res les plus jeunes. \u00c0 travers elle, nous rencontrons une autre g\u00e9n\u00e9ration de femmes, des m\u00e8res qui avaient tout perdu et qui pourtant restaient debout.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab M\u00e8re Abi \u00bb, la M\u00e8re aux yeux bleus de la R\u00e9sistance<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/11\/13\/asef-mehri-hajinejad-partie-six\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">d\u00e9part d\u2019Asef<\/a>, de Zahra, de Farah et des autres, il semble juste de se souvenir de quelqu\u2019un qui, silencieusement, nous tenait ensemble : \u00ab M\u00e8re Abi \u00bb, qui tournoyait autour des filles comme un papillon protecteur, priant pour elles et abritant ses \u00ab petites filles \u00bb. En captivit\u00e9, elle \u00e9tait la plus douce des m\u00e8res, une grande femme du sud de T\u00e9h\u00e9ran, grande et robuste, avec des yeux bleus saisissants. Comme presque tout le monde dans le quartier utilisait des surnoms, nous l\u2019appelions M\u00e8re Abi \u00e0 cause de ses beaux yeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les filles du sud de T\u00e9h\u00e9ran la connaissaient d\u00e9j\u00e0 bien. Honn\u00eatement, durant tout le temps o\u00f9 elle fut avec nous dans le quartier, je n\u2019ai jamais su son vrai nom. Une seule fois, j\u2019ai entendu quelqu\u2019un dire qu\u2019elle \u00e9tait la m\u00e8re de deux martyrs de l\u2019OMPI, Ali et Morteza Mosanna, ex\u00e9cut\u00e9s par un peloton d\u2019ex\u00e9cution \u00e0 une semaine d\u2019intervalle en septembre 1981. On disait que le r\u00e9gime traquait encore les autres membres de leur famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et en effet, un autre de ses fils et sa femme furent ex\u00e9cut\u00e9s en juillet 1982. Au total, M\u00e8re Mosanna (Ferdows Mahboubi) offrit quatre martyrs dans la lutte pour la libert\u00e9. \u00ab M\u00e8re Abi \u00bb \u00e9tait une lionne forte et digne. Chaque fois que je la regardais, sa r\u00e9silience pure me remplissait de fiert\u00e9. Nous n\u2019avons partag\u00e9 le m\u00eame quartier que quelques mois, mais ces mois suffirent pour voir en elle tout ce qui d\u00e9finit une femme courageuse de l\u2019OMPI. M\u00eame son regard rayonnait de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, de sacrifice et d\u2019un discret adieu aux conforts terrestres, tout cela pour la libert\u00e9. La regarder inspirait respect et admiration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je l\u2019ai rencontr\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans la chambre 6 de l\u2019infirmerie du quartier 240. Plus tard, elle fut transf\u00e9r\u00e9e avec nous vers l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur du quartier 240 (connu sous le nom de 4-UP) et resta dans la chambre 4. Elle fut de nouveau d\u00e9plac\u00e9e autour de Norouz (mars 1982). Elle \u00e9tait toujours chaleureuse, bienveillante et souriante. Parfois, je me demandais : les interrogateurs n\u2019ont-ils donc aucune honte \u00e0 torturer une m\u00e8re comme elle ? Et puis je me rappelais que je n\u2019avais pas encore pleinement mesur\u00e9 la profondeur de la cruaut\u00e9 du r\u00e9gime. Dans la logique des tortionnaires de Khomeini, il n\u2019y a aucune limite, ni l\u2019\u00e2ge, ni le genre, ni la maternit\u00e9. Comme des pr\u00e9dateurs, ils ne comprennent qu\u2019une chose : d\u00e9truire le soutien de l\u2019OMPI, le d\u00e9chirer autant que possible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les portes de nos cellules furent ouvertes pour nos premi\u00e8res courtes promenades, \u00ab M\u00e8re Abi \u00bb venait avec nous. Dans ce couloir sombre et \u00e9troit, elle nous apprit \u00e0 fabriquer des kafchak, de petites semelles pour prot\u00e9ger nos pieds lac\u00e9r\u00e9s par les c\u00e2bles lorsque nous marchions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le jour o\u00f9 <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/11\/13\/asef-mehri-hajinejad-partie-six\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Asef, Sima, Farah, Zahra<\/a> et les autres furent conduites vers la cour d\u2019ex\u00e9cution, je la vis plus agit\u00e9e que jamais. Beaucoup de celles qui allaient \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es venaient de sa propre chambre, et elle tournoyait autour d\u2019elles, anxieuse comme un papillon inquiet. Pendant que les filles rangeaient leurs maigres affaires et nous confiaient leurs derni\u00e8res volont\u00e9s, elle fit ses ablutions, se mit en pri\u00e8re et pria plusieurs cycles. Apr\u00e8s la pri\u00e8re, elle semblait plus calme, bien qu\u2019elle continue \u00e0 murmurer des invocations. Une col\u00e8re sourde bouillonnait sous son calme. Elle r\u00e9p\u00e9tait : \u00ab Tu crois qu\u2019ils appelleront encore un autre nom aujourd\u2019hui ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le d\u00e9part des filles, elle pria jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure de leur ex\u00e9cution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques jours plus tard, marchant \u00e0 nouveau avec elle, je demandai :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab M\u00e8re, pourquoi as-tu tant pri\u00e9 ce jour-l\u00e0 ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle r\u00e9pondit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab J\u2019ai pri\u00e9 pour l\u2019honneur de mes petites filles\u2026 et j\u2019ai cherch\u00e9 refuge aupr\u00e8s de Dieu contre toute cette cruaut\u00e9. Tu n\u2019as pas vu leurs yeux, si purs et innocents ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle \u00e9tait si altruiste que, bien que j\u2019aie v\u00e9cu avec elle des mois entiers, je n\u2019avais aucune id\u00e9e qu\u2019elle avait perdu trois fils, une belle-fille, et avait elle-m\u00eame pass\u00e9 des ann\u00e9es en prison.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Heroines-in-Chains-min.jpg\" alt=\"M\u00e8re Abi : visages de femmes r\u00e9silientes en captivit\u00e9 M\u00e9moires de Mehri Hajinejad tir\u00e9es de \u201cLe dernier rire de Leila\u201d \u2014 Partie dix\" class=\"wp-image-24575 lazyload\" style=\"width:750px;height:auto\"\/><noscript><img decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"375\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Heroines-in-Chains-min.jpg\" alt=\"M\u00e8re Abi : visages de femmes r\u00e9silientes en captivit\u00e9 M\u00e9moires de Mehri Hajinejad tir\u00e9es de \u201cLe dernier rire de Leila\u201d \u2014 Partie dix\" class=\"wp-image-24575 lazyload\" style=\"width:750px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Heroines-in-Chains-min.jpg 750w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Heroines-in-Chains-min-300x150.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/NCRI-Women-Heroines-in-Chains-min-360x180.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/noscript><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>M\u00e8re Abi : visages de femmes r\u00e9silientes en captivit\u00e9<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab Elles sont parties si silencieusement\u2026 \u00bb<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un jour de f\u00e9vrier 1982, la porte du quartier s\u2019ouvrit, et deux filles extr\u00eamement maigres furent pouss\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u00c0 la premi\u00e8re seconde, on voyait qu\u2019elles \u00e9taient jumelles : Nahid et Haydeh, des \u00e9tudiantes de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Qazvin\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Qazvin<\/a>. Je les connaissais toutes les deux. Je les avais vues \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Sharif et je les aimais beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je cherchais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment ma \u00ab maison disparue \u00bb &#8211; l\u2019OMPI &#8211; elles \u00e9taient mon seul refuge \u00e0 Sharif. Haydeh et Nahid me guidaient et m\u2019encourageaient. Chaque matin, sur le chemin de l\u2019\u00e9cole, j\u2019esp\u00e9rais tomber sur l\u2019une d\u2019elles. Leurs sourires me donnaient de la force. Elles \u00e9taient comme mes grandes s\u0153urs, des personnes sur qui je pouvais m\u2019appuyer. Elles me donnaient en secret les biographies des martyrs et m\u2019aidaient \u00e0 comprendre davantage le mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant les deux semaines o\u00f9 elles furent dans notre quartier, elles furent interrog\u00e9es quotidiennement. Chaque jour, les gardiens fouettaient \u00e0 coups de c\u00e2ble leurs pieds d\u00e9j\u00e0 mutil\u00e9s. \u00c0 chaque pas, du sang et du pus laissaient des traces derri\u00e8re elles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 tout cela, Nahid et Haydeh restaient patientes, calmes et dignes. Pas une seule fois, pas m\u00eame une, je ne les ai entendues g\u00e9mir ou crier. Leur seul \u00ab crime \u00bb \u00e9tait de soutenir l\u2019OMPI.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin du 9 f\u00e9vrier 1982, on les appela toutes les deux pour un interrogatoire. Mais contrairement aux autres fois, elles revinrent tr\u00e8s vite, chacune apr\u00e8s environ une demi-heure. Je vins vers elles et leur demandai ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nahid dit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Aujourd\u2019hui, ils nous ont emmen\u00e9es devant les corps d\u2019<a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2025\/02\/06\/les-etoiles-brillantes-et-les-heroines-de-la-resistance-iranienne-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Achraf et de Moussa<\/a> et nous ont ordonn\u00e9 de les insulter. J\u2019ai refus\u00e9. L\u2019interrogateur a dit : \u201cR\u00e9fl\u00e9chis ; soit tu demandes \u00e0 faire une confession t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e cet apr\u00e8s-midi, soit pr\u00e9pare-toi \u00e0 ton ex\u00e9cution ce soir.\u201d Ils ont dit la m\u00eame chose \u00e0 Haydeh. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s qu\u2019elles revinrent dans le quartier, elles rassembl\u00e8rent calmement leur unique tenue, se lav\u00e8rent, pri\u00e8rent, et attendirent. Elles ne le dirent \u00e0 personne d\u2019autre qu\u2019\u00e0 moi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vers six heures du soir, la gardienne entra, riant de cette mani\u00e8re r\u00e9pugnante qui la caract\u00e9risait. Elle chuchota :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Appelez Nahid de la chambre trois. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Nahid sortit, elle dit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Prends tes affaires et viens. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Nahid fut partie, la m\u00eame femme ajouta :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Appelez aussi Haydeh ! \u00bb \u2014 et elle lui dit exactement la m\u00eame chose.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Haydeh revint un instant pour prendre ses affaires, je sentis mon c\u0153ur s\u2019arr\u00eater. \u00c9tait-ce possible ? Deux \u00e2mes innocentes et pures, prises juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi pour \u00eatre fusill\u00e9es, et je ne pouvais rien faire ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je restai l\u00e0. Cela n\u2019avait pas pris cinq minutes. Nahid arriva \u00e0 la porte du quartier. Elle me regarda. Nous nous serr\u00e2mes tr\u00e8s fort dans les bras. Je n\u2019oublierai jamais cet instant. Les mots m\u2019avaient quitt\u00e9e. Finalement, je r\u00e9ussis \u00e0 murmurer :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Nahid\u2026 que Dieu te prot\u00e8ge. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis Haydeh vint, et nos adieux furent les m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelle journ\u00e9e \u00e9trange. Nahid et Haydeh avaient je\u00fbn\u00e9 ce jour-l\u00e0 en l\u2019honneur d\u2019Achraf et de Moussa, et maintenant le tortionnaire voulait qu\u2019elles insultent les dirigeants qu\u2019elles aimaient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette nuit-l\u00e0, les deux s\u0153urs tinrent leur promesse, envers leurs convictions, envers l\u2019OMPI, et envers elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec toute leur puret\u00e9, elles march\u00e8rent vers le martyre, rejoignant en r\u00e9alit\u00e9 Achraf, Moussa, et les autres martyrs du 8 f\u00e9vrier 1982.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Notes\u00a0:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>M\u00e8re Mosanna\u00a0: Ferdows Mahboubi, m\u00e8re de quatre martyrs de l\u2019OMPI : Ali, Morteza, un autre fils, et sa belle-fille.<\/li>\n\n\n\n<li>OMPI\u00a0: Organisation des Moudjahidine du peuple d\u2019Iran, le principal mouvement d\u2019opposition iranien, cibl\u00e9 par le r\u00e9gime cl\u00e9rical depuis 1981.<\/li>\n\n\n\n<li>Kafshak\u00a0: Petites semelles de tissu fabriqu\u00e9es \u00e0 la main par les prisonni\u00e8res pour prot\u00e9ger leurs plantes de pied apr\u00e8s les tortures au c\u00e2ble.<\/li>\n\n\n\n<li>Achraf et Moussa\u00a0: Achraf Rajavi et Moussa Khiabani, dirigeants de l\u2019OMPI, tous deux tu\u00e9s par le r\u00e9gime en f\u00e9vrier 1982.<\/li>\n\n\n\n<li>Je\u00fbner pour les martyrs\u00a0: Un acte courant de deuil et de solidarit\u00e9 parmi les prisonni\u00e8res politiques \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9moires de Mehri Hajinejad tir\u00e9es de \u201cLe dernier rire de Leila\u201d \u2014 Partie dix Dans la section pr\u00e9c\u00e9dente, Mehri Hajinejad pr\u00e9sentait d\u2019autres femmes r\u00e9silientes dont le courage avait marqu\u00e9 ses premi\u00e8res ann\u00e9es de prison, de jeunes d\u00e9tenues qui, malgr\u00e9 des tortures incessantes, conservaient leur dignit\u00e9, leur foi et la conviction que leur lutte avait un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":24576,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"format":"standard"},"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[432],"tags":[],"class_list":["post-24574","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-heroines-enchainees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24574","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24574"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24574\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24577,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24574\/revisions\/24577"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24576"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24574"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24574"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24574"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}