{"id":2401,"date":"2017-07-10T23:33:52","date_gmt":"2017-07-10T23:33:52","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2017\/07\/10\/azam-fatemi-celles-qui-cherchent-trouvent\/"},"modified":"2017-07-10T23:33:52","modified_gmt":"2017-07-10T23:33:52","slug":"azam-fatemi-celles-qui-cherchent-trouvent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2017\/07\/10\/azam-fatemi-celles-qui-cherchent-trouvent\/","title":{"rendered":"Azam Fatemi: celles qui cherchent, trouvent"},"content":{"rendered":"<p>Je m\u2019appelle Azam Fatemi. Je viens de Saveh, une belle ville de la province centrale d&#8217;Iran. Ces jours-ci me rappellent l&#8217;\u00e9t\u00e9 1981. Ils me ram\u00e8nent aussi aux jours de la r\u00e9volution de 1979.A cette \u00e9poque, j&#8217;\u00e9tais au lyc\u00e9e.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>J&#8217;aimais \u00e9tudier et je passais la majeure partie de mon temps \u00e0 \u00e9tudier et \u00e0 lire. Dans notre famille et chez les voisins on avait pour habitude de tisser des tapis, et un grand nombre de filles de mon \u00e2ge y travaillaient. Mais \u00e7a ne me plaisait pas.Une voix int\u00e9rieure me disait d\u2019aller d\u00e9couvrir ce que je ne connaissais pas, d\u2019apprendre de nouvelles choses, d\u2019avoir de nouvelles exp\u00e9riences et d\u2019acqu\u00e9rir des connaissances sociales.Quand j\u2019ai eu 13 ans, plusieurs de mes amies ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es par la Savak, la police politique du chah. Tout le monde connaissait ces filles parce qu&#8217;elles \u00e9taient tr\u00e8s diff\u00e9rentes, d\u2019apparence, d\u2019attitudes. Tout ce qu\u2019elles faisaient me semblait si int\u00e9ressant. Elles n&#8217;\u00e9taient pas comme les autres coll\u00e9es \u00e0 une vie ordinaire. Elles essayaient d&#8217;avoir leur mot \u00e0 dire dans les \u00e9v\u00e9nements politiques, au coll\u00e8ge et \u00e0 l&#8217;universit\u00e9. Elles voulaient l&#8217;\u00e9galit\u00e9 et la libert\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9. Je pouvais voir mes propres id\u00e9aux et mon avenir en elles.Alors, en suivant leur mod\u00e8le, j&#8217;ai aussi commenc\u00e9 mon propre parcours.Avec ma soeur qui \u00e9tait plus jeune que moi de deux ans, nous lisions des livres avec des amis et nous parlions de l\u2019avenir et de ce qu&#8217;il devrait \u00eatre. Nous parlions de nos objectifs, de nos ambitions et de nos id\u00e9aux. J&#8217;\u00e9tais tellement heureuse, surtout parce que deux de mes fr\u00e8res plus \u00e2g\u00e9s \u00e9taient comme moi et suivaient les m\u00eames id\u00e9aux.Apr\u00e8s la R\u00e9volution de 1979, je me suis familiaris\u00e9e avec les Moudjahidine du peuple d\u2019Iran (OMPI), \u00a0une organisation d\u00e9mocratique d\u2019opposition au chah, \u00e0 travers mes fr\u00e8res et en lisant leur journal. Peu \u00e0 peu, j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 mener des activit\u00e9s pacifiques, \u00e0 distribuer des tracts et des brochures. Cependant, au fur et \u00e0 mesure que les libert\u00e9s sociales se limitaient, il devenait plus difficile pour les gens comme moi d&#8217;avoir une libert\u00e9 d\u2019action &#8230;Puis le 20 juin 1981 est arriv\u00e9. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e dans une manifestation dans notre ville, Saveh. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9e pendant pr\u00e8s d&#8217;un an jusqu&#8217;\u00e0 ce que ma m\u00e8re ait r\u00e9ussi \u00e0 hypoth\u00e9quer notre maison et \u00e0 emprunter de l&#8217;argent \u00e0 la banque pour payer ma caution et obtenir ma lib\u00e9ration.Apr\u00e8s ma sortie de prison, la vie \u00e9tait compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Tout avait une signification diff\u00e9rente. Je ne tenais pas en place, il me fallait agir constamment.Je sentais que ma place n&#8217;\u00e9tait pas \u00e0 la maison alors qu\u2019il n&#8217;y avait pas de libert\u00e9, o\u00f9 un nombre incalculable de jeunes \u00e9taient tu\u00e9s chaque jour, sous la torture ou fusill\u00e9s.Ma place \u00e9tait dans les rangs d&#8217;un grand mouvement de r\u00e9sistance qui voulait renverser le r\u00e9gime.Je ne pouvais plus rester silencieuse et spectatrice. Je ne pouvais pas rester indiff\u00e9rente \u00e0 l&#8217;arrestation des femmes, \u00e0 leur licenciement et \u00e0 leur marginalisation.N\u00e9anmoins, le jour o\u00f9 j\u2019ai pris ma d\u00e9cision de quitter la maison et ma famille, a \u00e9t\u00e9 vraiment une journ\u00e9e difficile &#8230;J\u2019ai pass\u00e9 en revue les visages de ma m\u00e8re, de mon p\u00e8re, de mes soeurs et de mes fr\u00e8res et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de les laisser pour une bonne cause. J\u2019ai quitt\u00e9 mes proches pour un avenir rempli d&#8217;espoir et entrer dans un monde nouveau inconnu.Il faut quelques secondes pour prendre une telle d\u00e9cision, mais elle affecte toute notre vie.Quand j\u2019ai voulu leur dire adieu, j&#8217;\u00e9tais submerg\u00e9e par l\u2019\u00e9motion. Mes souvenirs ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9filer devant mes yeux comme un film. Les moments de bonheur et de chagrin avec ceux que j&#8217;aimais le plus.Mais il y avait une voix qui m&#8217;avait dit que ces beaut\u00e9s pouvaient \u00eatre encore plus grandes avec la libert\u00e9 en Iran et, pour y parvenir, j&#8217;ai d\u00fb me battre.Avec l&#8217;aide et le soutien de mes amies, j&#8217;ai pris ma d\u00e9cision finale sans r\u00e9fl\u00e9chir davantage. J\u2019ai pris mon sac et je suis partie \u00e0 la maison pour un voyage dans l&#8217;avenir.31 ans apr\u00e8s, je peux r\u00e9sumer ma vie et ma lutte en une seule phrase.Celles qui cherchent la libert\u00e9, la trouvent en luttant pour elle et, bien s\u00fbr, en payant le prix.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je m\u2019appelle Azam Fatemi. Je viens de Saveh, une belle ville de la province centrale d&#8217;Iran. Ces jours-ci me rappellent l&#8217;\u00e9t\u00e9 1981. 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