{"id":1817,"date":"2016-12-07T11:05:28","date_gmt":"2016-12-07T11:05:28","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/frdev\/2016\/12\/07\/farideh-goudarzi-torturee-pendant-sa-grossesse-en-iran\/"},"modified":"2016-12-07T11:05:28","modified_gmt":"2016-12-07T11:05:28","slug":"farideh-goudarzi-torturee-pendant-sa-grossesse-en-iran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2016\/12\/07\/farideh-goudarzi-torturee-pendant-sa-grossesse-en-iran\/","title":{"rendered":"Farideh Goudarzi: Tortur\u00e9e pendant sa grossesse en Iran"},"content":{"rendered":"<p>Voici les extraits d&#8217;un discours de Farideh Goudarzi, ancienne prisonni\u00e8re politique, prononc\u00e9 le 26 novembre 2016 lors de la conf\u00e9rence \u00ab Appel \u00e0 la justice \u00bb \u00e0 Paris, en pr\u00e9sence de la pr\u00e9sidente \u00e9lue de la R\u00e9sistance iranienne, Maryam Radjavi :<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Je m\u2019appelle Farideh Goudarzi. Je suis sympathisante de l&#8217;organisation des Moudjahidine du peuple d&#8217;Iran (OMPI \u2013 opposition d\u00e9mocratique aux mollahs). J&#8217;ai quitt\u00e9 mon pays il y a deux mois.<\/p>\n<p>J\u2019ai connu l&#8217;OMPI pendant la r\u00e9volution antimonarchique. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e en \u00e9t\u00e9 1983 et j&#8217;ai pass\u00e9 cinq ans et demi \u00e0 la prison d&#8217;Hamedan (ouest de l&#8217;Iran). Je suis un des t\u00e9moins du massacre de 1988.<\/p>\n<p>J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e avec mon mari et mon fr\u00e8re. J&#8217;\u00e9tais enceinte et sur le point d\u2019accoucher. \u00a0Malgr\u00e9 tout, d\u00e8s mon arriv\u00e9e en prison, ils m&#8217;ont emmen\u00e9e dans la salle de torture. C&#8217;\u00e9tait une pi\u00e8ce sombre avec un banc au milieu et une vari\u00e9t\u00e9 de c\u00e2bles \u00e9lectriques pour frapper les prisonniers.<\/p>\n<p>Un de ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents lors de ma torture \u00e9tait Ebrahim Ra\u00efssi, alors procureur en chef d&#8217;Hamedan et membre du Comit\u00e9 de la mort du massacre de 1988.<\/p>\n<p>Quinze jours plus tard, j&#8217;ai donn\u00e9 naissance \u00e0 mon fils, Iman, alors que j&#8217;\u00e9tais dans de terribles conditions physiques et psychologiques. Apr\u00e8s sa naissance, ils nous ont plac\u00e9s en isolement. C&#8217;\u00e9tait des jours horribles. J\u2019avais plusieurs interrogatoires par jour avec mon nouveau-n\u00e9. Parfois, je n\u2019avais pour le nourrir que de l&#8217;eau et du sucre pendant 48 heures. Et il \u00e9tait tr\u00e8s malade. Le silence de la section \u00e9tait souvent bris\u00e9 par les pleurs de mon fils Iman, ce qui faisait pression sur les autres prisonniers.<\/p>\n<p>Au bout de six mois ma famille a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e de mon arrestation. Et comme j&#8217;\u00e9tais dans le couloir de la mort, j&#8217;ai confi\u00e9 mon b\u00e9b\u00e9 \u00e0 ma famille lors d\u2019un parloir. Ma s\u00e9paration avec lui a \u00e9t\u00e9 terriblement difficile, car il ne voulait pas me l\u00e2cher, il criait et pleurait. Plus tard, j&#8217;ai appris qu&#8217;il \u00e9tait tomb\u00e9 gravement malade et que le m\u00e9decin avait dit \u00e0 ma famille d&#8217;obtenir un morceau de mes v\u00eatements pour qu\u2019il me sente et se calme.<\/p>\n<p>Mon mari, Behzad Afsahi, a \u00e9t\u00e9 pendu en juin 1984 apr\u00e8s avoir subi de nombreuses tortures. Et ma soeur, Fariba Goudarzi, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans l&#8217;op\u00e9ration Lumi\u00e8re \u00c9ternelle par les hommes du r\u00e9gime.<\/p>\n<p>En 1988, j&#8217;\u00e9tais en isolement \u00e0 la prison des gardiens de la r\u00e9volution, et sous la torture pendant trois mois. Je ne savais pas ce qui se passait \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur. Plus tard, j&#8217;ai appris que tous les soirs, des prisonniers \u00e9taient ex\u00e9cut\u00e9s et que cela se faisaient sans probl\u00e8mes, dans des conditions de s\u00e9curit\u00e9 sp\u00e9ciales. Mon fr\u00e8re, Parviz Goudarzi, figure au nombre des premi\u00e8res victimes du massacre de 1988 \u00e0 Hamedan.<\/p>\n<p>Quand au bout de trois mois je suis sortie de l&#8217;isolement, j&#8217;ai constat\u00e9 que beaucoup de prisonniers avaient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s. Lorsque ma famille est all\u00e9e au tribunal pour savoir o\u00f9 \u00e9tait mon fr\u00e8re, elle a rencontr\u00e9 un grand nombre de familles venues poser des questions sur leurs enfants. C\u2019est l\u00e0 que tout le monde a appris qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<p>Tout au long des ann\u00e9es qui ont suivi ma lib\u00e9ration de la prison, j&#8217;ai v\u00e9cu dans des conditions de s\u00e9curit\u00e9 s\u00e9v\u00e8res impos\u00e9es par le r\u00e9gime et nous n&#8217;avons jamais b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de droits sociaux. Mon fils Iman a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 pour son soutien \u00e0 l&#8217;OMPI. Aussi\u00a0apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de quitter l&#8217;Iran et nous sommes maintenant avec vous.\u00a0<\/p>\n<p>Ch\u00e8re Maryam Radjavi,\u00a0je tiens \u00e0 vous remercier pour la campagne d\u2019appel \u00e0 la justice pour les victimes du massacre de 1988. Vous \u00eates la voix de toutes les familles endeuill\u00e9es et la r\u00e9ponse \u00e0 leurs douleurs et leurs souffrances.<\/p>\n<p>Je suis venue rejoindre le Mouvement en qu\u00eate de justice pour les 120 000 victimes d&#8217;ex\u00e9cutions politiques, comme mon fr\u00e8re, ma s\u0153ur, mon mari et mes meilleurs amis. Avec votre appel, nous sommes maintenant assez forts pour demander justice pour nos proches, jusqu&#8217;\u00e0 ce que chacun des criminels de ce r\u00e9gime sanguinaire soit traduit en justice.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici les extraits d&#8217;un discours de Farideh Goudarzi, ancienne prisonni\u00e8re politique, prononc\u00e9 le 26 novembre 2016 lors de la conf\u00e9rence \u00ab Appel \u00e0 la justice \u00bb \u00e0 Paris, en pr\u00e9sence de la pr\u00e9sidente \u00e9lue de la R\u00e9sistance iranienne, Maryam Radjavi :<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4384,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":[],"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":[],"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-1817","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1817\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4384"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}