{"id":11169,"date":"2020-06-16T11:16:38","date_gmt":"2020-06-16T09:16:38","guid":{"rendered":"https:\/\/wncri.org\/fr\/?p=11169"},"modified":"2020-06-16T11:36:12","modified_gmt":"2020-06-16T09:36:12","slug":"les-travailleuses-de-la-decharge-de-safireh-privees-des-droits-minimums","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wncri.org\/fr\/2020\/06\/16\/les-travailleuses-de-la-decharge-de-safireh-privees-des-droits-minimums\/","title":{"rendered":"Les travailleuses de la d\u00e9charge de Safireh priv\u00e9es des droits minimums"},"content":{"rendered":"<p>CNRI Femmes &#8211; Quelque 120 travailleuses sont employ\u00e9s \u00e0 Safireh, un site de tri d&#8217;ordures \u00e0 Ahwaz dans le sud-ouest de l\u2019Iran. La majorit\u00e9 des travailleuses de Safireh sont <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2019\/12\/18\/la-pauvrete-pousse-les-meres-chefs-de-famille-vers-les-bidonvilles-en-iran\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">chefs de famille<\/a> et risquent de se blesser et de contracter des maladies.<\/p>\n<p>Les femmes qui travaillent \u00e0 Safireh ont des tuteurs d\u00e9linquants, ou pas de tuteur du tout, et sont confront\u00e9es \u00e0 des montagnes de probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Un entrepreneur est s\u00e9lectionn\u00e9 chaque ann\u00e9e pour trier les d\u00e9chets sur ce site. L&#8217;entrepreneur qui remporte le contrat est responsable du paiement des salaires de ses travailleurs. Toutefois, en raison de probl\u00e8mes financiers et de d\u00e9saccords avec le gouvernement, les entrepreneurs ne versent pas de salaires la plupart des mois de l&#8217;ann\u00e9e. En fait, les travailleuses de ce site de tri des ordures paient le prix des d\u00e9saccords entre l&#8217;entrepreneur et les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les travailleuses de Safireh sont pour la plupart des chefs de famille et travaillent 8 heures par jour dans la d\u00e9charge pour gagner leur vie. Elles re\u00e7oivent un salaire de 2 millions de tomans par mois. Or, \u00ab\u00a0le seuil de pauvret\u00e9 en Iran est de 9 millions de tomans\u00a0\u00bb (Journal Jahan-e San&#8217;at &#8211; 2 juin 2020).<\/p>\n<p>Les ouvri\u00e8res du site n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es depuis le d\u00e9but de <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2020\/03\/30\/la-crise-du-coronavirus-cause-des-dommages-irreparables-aux-femmes-chefs-de-famille\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus<\/a>, en f\u00e9vrier 2020. En cons\u00e9quence, les travailleuses de Safireh sont soumises \u00e0 une pression financi\u00e8re \u00e9norme. Les autorit\u00e9s n&#8217;ont encore pris aucune mesure pour leur venir en aide ou rem\u00e9dier \u00e0 la situation (Agence IRNA &#8211; 30 avril 2020).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-11171 size-full lazyload\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_2-min.jpg\" alt=\"Exemples symboliques de la souffrance des travailleuses de Safireh\" width=\"750\" height=\"375\" \/><noscript><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-11171 size-full lazyload\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_2-min.jpg\" alt=\"Exemples symboliques de la souffrance des travailleuses de Safireh\" width=\"750\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_2-min.jpg 750w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_2-min-300x150.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_2-min-360x180.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/noscript><\/p>\n<h4><strong>Exemples symboliques de la souffrance des travailleuses de Safireh<\/strong><\/h4>\n<p>Les ouvri\u00e8res de Safireh viennent chaque jour de diff\u00e9rents quartiers de la ville pour gagner leur vie en triant les ordures \u00e0 la d\u00e9charge municipale. Ce faisant, elles d\u00e9placent quotidiennement des tas d&#8217;ordures avec leurs mains. Plus de mille tonnes d&#8217;ordures sont tri\u00e9es chaque jour sur ce site.<\/p>\n<p>Hasibeh, 35 ans, fait partie de ces femmes. Son mari est tomb\u00e9 paralys\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019un grave accident il y a 15 ans.<\/p>\n<p>Elle part de chez elle, en banlieue \u00e0 5h30 tous les matins pour aller travailler. Il n&#8217;y a pas de service de bus \u00e0 cette heure du matin, et Hasibeh doit faire le long trajet en taxi pour se rendre sur le site. En Iran les taxis sont des transports en commun emprunt\u00e9s par plusieurs personnes en m\u00eame temps. Elle travaille \u00e0 Safireh depuis 5 ans.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous \u00e9tions couverts par une pension du Comit\u00e9 de secours il y a quelques ann\u00e9es, mais elle n&#8217;\u00e9tait pas vraiment suffisante pour couvrir les d\u00e9penses d&#8217;une famille de quatre personnes avec deux enfants et un mari handicap\u00e9. C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de trouver un emploi\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 Hasibeh.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est tr\u00e8s difficile pour une femme analphab\u00e8te de trouver un emploi. J&#8217;ai cherch\u00e9 du travail pendant longtemps, mais personne n&#8217;\u00e9tait pr\u00eat \u00e0 faire confiance \u00e0 une femme qui vivait dans un bidonville. Puis je suis tomb\u00e9e sur une entreprise de tri des ordures qui cherchait du personnel. Je n&#8217;avais jamais imagin\u00e9 qu&#8217;un jour je travaillerais dans un endroit plein de mouches et de pollution, alors j&#8217;ai d\u00fb apprendre \u00e0 trier les ordures tout en ignorant mon environnement\u00a0\u00bb, poursuit Hasibeh.<\/p>\n<p>Hasibeh, dont le visage br\u00fbl\u00e9 par le soleil la fait para\u00eetre beaucoup plus \u00e2g\u00e9e, parle des dangers qui la menacent : \u00ab\u00a0Dans ce m\u00e9tier, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des maladies graves, ainsi qu&#8217;\u00e0 des dangers, lorsque nous entrons en contact avec des objets tels que des seringues et autres objets tranchants. L&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re, une seringue infect\u00e9e est tomb\u00e9e sur ma main et j&#8217;ai d\u00fb \u00eatre hospitalis\u00e9e pendant 25 jours. Depuis lors, je dois passer un test tous les trois mois pour m&#8217;assurer que je suis en bonne sant\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Hasibeh a \u00e9voqu\u00e9 une autre femme victime de br\u00fblures il y a deux ans. \u00ab\u00a0Il y a environ 2 ans, une amie a \u00e9t\u00e9 gravement br\u00fbl\u00e9e et marqu\u00e9e par l&#8217;eau bouillante d&#8217;un samovar renvers\u00e9e sur elle. L&#8217;entrepreneur a non seulement refus\u00e9 de l&#8217;aider, mais il a \u00e9galement publi\u00e9 un faux rapport.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une autre de ces femmes s\u2019appelle Touba, \u00e2g\u00e9e de 40 ans qui vit avec trois de ses enfants. Sa quatri\u00e8me est une fille plus \u00e2g\u00e9e qui s\u2019est mari\u00e9e et vit ailleurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon mari a \u00e9t\u00e9 malade pendant de nombreuses ann\u00e9es et nous avons d\u00e9pens\u00e9 beaucoup d&#8217;argent pour son traitement, mais il a fini par mourir. Je vis avec mes deux filles et mon fils \u00e0 Hasirabad. La vie est dure pour nous. Il est impossible de gagner 1,5 \u00e0 2 millions de tomans juste pour s&#8217;en sortir dans ces circonstances \u00e9conomiques. Nous sommes au ch\u00f4mage depuis f\u00e9vrier 2020 en raison de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus. Nous n&#8217;avons re\u00e7u aucun salaire. Nous n&#8217;avons m\u00eame pas re\u00e7u nos allocations annuelles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Touba continue en expliquant : \u00ab\u00a0Nous ne sommes couverts par aucune assurance compl\u00e9mentaire, et m\u00eame l&#8217;assurance sociale n&#8217;est pas vers\u00e9e \u00e0 temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais maintenant, plus que tout, nous sommes pr\u00e9occup\u00e9s par la fermeture de l&#8217;entreprise et le ch\u00f4mage. La direction de l&#8217;entreprise nous a conseill\u00e9 de demander l&#8217;assurance ch\u00f4mage d\u00e8s maintenant\u00a0\u00bb, a-t-elle ajout\u00e9.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-11172 size-full lazyload\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" data-src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_3-min.jpg\" alt=\"Les histoires douloureuses des travailleuses de Safireh repr\u00e9sentent le sort des femmes chefs de famille et de celles dont les tuteurs sont incomp\u00e9tents ou absents. \" width=\"746\" height=\"371\" \/><noscript><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-11172 size-full lazyload\" src=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_3-min.jpg\" alt=\"Les histoires douloureuses des travailleuses de Safireh repr\u00e9sentent le sort des femmes chefs de famille et de celles dont les tuteurs sont incomp\u00e9tents ou absents. \" width=\"746\" height=\"371\" srcset=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_3-min.jpg 746w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_3-min-300x149.jpg 300w, https:\/\/wncri.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Women-workers-of-Safireh_3-min-360x180.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 746px) 100vw, 746px\" \/><\/noscript><\/p>\n<h4><strong>Le mot de la fin<\/strong><\/h4>\n<p>Les histoires douloureuses des travailleuses de Safireh repr\u00e9sentent le sort des femmes chefs de famille et de celles dont les tuteurs sont incomp\u00e9tents ou absents.<\/p>\n<p>En Iran, environ 4 millions de femmes chefs de famille ont \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/wncri.org\/fr\/2020\/04\/14\/iran-les-femmes-chefs-de-famille-grande-victimes-de-loppression-des-mollahs-surtout-en-periode-de-coronavirus\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">soumises \u00e0 une double pression<\/a> \u00e9conomique en raison de la pand\u00e9mie de Covid-19.<\/p>\n<p>Environ 82 % des femmes chefs de famille \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 au ch\u00f4mage et ne disposaient pas d&#8217;une source de revenus stable. Entre-temps, leur nombre a augment\u00e9.<\/p>\n<p>Selon Zahra Javaherian, une responsable du gouvernement, le nombre de femmes chefs de famille est \u00e0 la hausse dans la province de l&#8217;Azerba\u00efdjan occidental (Agence IRNA &#8211; 20 mai 2020).<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime a pris une mesure th\u00e9\u00e2trale en avril en pr\u00e9tendant accorder un pr\u00eat de deux millions de tomans \u00e0 ces femmes. Mais la plupart d&#8217;entre elles ont d\u00e9clar\u00e9 que le pr\u00eat ne profiterait \u00e0 personne. Elles ont demand\u00e9 : \u00ab\u00a0Qu&#8217;allons-nous faire de 2 millions de tomans, alors que le seuil de pauvret\u00e9 se situe \u00e0 9 millions de tomans ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Actuellement, les principaux probl\u00e8mes des femmes chefs de famille sont le manque d&#8217;assurance et le ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CNRI Femmes &#8211; Quelque 120 travailleuses sont employ\u00e9s \u00e0 Safireh, un site de tri d&#8217;ordures \u00e0 Ahwaz dans le sud-ouest de l\u2019Iran. La majorit\u00e9 des travailleuses de Safireh sont chefs de famille et risquent de se blesser et de contracter des maladies. 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